Claude Frison

journaliste

Pigistes : accord sur la formation professionnelle

Avec la première réunion de la “commission pigistes”, c’est une réunion historique qui s’est tenue le 19 juin dernier à Médiafor, l’organisme paritaire formation de la branche presse écrite. Après des années de négociations, les journalistes pigistes de presse écrite titulaires de la carte de presse vont enfin pouvoir bénéficier de la formation professionnelle (une commission de suivi devra traiter de la situation des pigistes non encartés).
Depuis la loi Cressard de 1974, les journalistes pigistes avaient rarement accès à la formation chez leurs employeurs (et généralement sans le maintien de salaire via Mediafor). La signature de l’accord formation en février 2009 entre syndicats de journalistes et fédérations patronales de presse change la donne.
Médiafor a ainsi collecté pour nous des fonds conséquents (1,5 millions d’euros) auprès des entreprises de presse. Mais ce budget doit théoriquement être « consommé » avant le 31 décembre 2009 !
EN PRATIQUE : si vous avez envie ou besoin d’une formation, il faut donc envoyer vos demandes dès à présent à Médiafor, qui devient notre référent. Les dossiers déposés d’ici début juillet seront étudiés avant l’été. Ceux déposés ensuite, avant le 9 septembre, seront traités (anonymement) par la prochaine réunion de la commission pigistes en septembre. Seront examinées en priorité les formations qui doivent se faire avant le 31 décembre. L’important est de bien « ficeler » votre projet et votre lettre de motivation. L’équipe de Médiafor vous orientera vers des organismes si nécessaire et vous enverra le dossier de demande à remplir (*). Vous pouvez vous renseigner au 01 44 88 92 70. Demandez le pôle gestion conseil (sinon sur http://www.mediafor.org/).
Pour information, l’ESJ Lille et le CFPJ Paris ont élaboré des programmes spécifiques de formation pour les journalistes pigistes. Ils devraient être rendus publics prochainement.
N’hésitez pas à nous faire remonter toute question ou remarque. Martine Rossard, représentante titulaire du SNJ, et Gwenaëlle Moulins, représentante titulaire de l’USJ-CFDT, à la Commission “pigistes” à Mediafor
(*) Vous pouvez demander…
- un CIF (congé individuel de formation), bien adapté pour une formation longue (plus de 2 à 3 semaines). Le maximum légal est d’un an ou 1200 h.
Vous devrez convaincre la Commission de l’intérêt de cette formation dans votre lettre de motivation. Nouveauté : vous n’avez plus besoin de l’autorisation d’absence délivrée par vos employeurs pour avoir -comme tout autre salarié – le maintien de la rémunération pendant votre formation. Cette rémunération, versée par Mediafor et soumise à toutes les cotisations sociales habituelles, sera calculée sur la moyenne des salaires des 12 derniers mois. Mediafor prendra en compte tous vos salaires des entreprises de presse écrite lui ayant versé leur contribution formation. C’est à dire, a priori, les salaires de toutes les entreprises de presse mais pas ceux des publications éditées par des organismes publics, des mutuelles, des associations. …
Votre rémunération devrait être : total du salaire cotisé multiplié par nombre d’heures de formation et divisé par temps de travail annuel. Exemple 20 000 € X 140 h : 1600 h. Vous devrez fournir les photocopies de votre carte de presse de l’année en cours et de tous vos bulletins de salaire sur les 12 mois précédents.
- un DIF (droit individuel de formation), plutôt adapté pour des formations courtes de moins de 120 h (maximum légal).
Pour éviter d’interroger chaque employeur et de faire des calculs compliqués pour chaque demande, la
commission pigistes a prévu – au moins à titre provisoire – d’accorder à chaque journaliste pigiste 20 h par an de détention de la carte pour 2005, 2006, 2007 et 2008 et 13 h pour 2004 (promulgation de la loi en cours
d’année). Un journaliste pigiste muni de l’attestation de la Commission de la carte attestant du renouvellement régulier (ou photocopie de la carte délivrée chaque année) depuis 2004 a droit à 93 h. Une éventuelle anticipation des droits à venir est prévue par l’accord. Pour 2009 et la suite, le calcul de l’allocation, décidé provisoirement, consiste à diviser le salaire annuel individuel par un salaire de référence de 1400 € (salaire médian du journaliste titulaire au premier indice toutes grilles des différentes formes de presse confondues) pour trouver un nombre d’heures. Une allocation (et non un salaire, malgré les demandes syndicales) sera versée.
Le Code du travail prévoit que l’allocation est égale à la moitié du salaire horaire net du salarié. Pour simplifier et provisoirement, Mediafor devrait verser la moitié arrondie du net du salaire médian précité, soit 5 €/heure (ce montant insuffisant rend illusoire la possibilité de suivre des formations à plein temps sans travailler parallèlement, nous essayerons d’agir sur ce thème).
Texte adressé aux journalistes pigistes par Martine Rossard (SNJ) et Gwenaëlle Moulins (USJ-CFDT), elles-mêmes journalistes pigistes siégeant à Médiafor (organisme paritaire collecteur agréé par l’Etat).

23 juin 2009 Posté par Claude Frison | Journalisme, Presse, Ressources Humaines, SNJ, Social, Travail, formation | | Pas encore de commentaires

Pétition : SAUVONS LA PHOTOGRAPHIE

Pour que la création visuelle continue d’exister et que les auteurs photographes puissent continuer à produire des photographies, l’Union des Photographes Créateurs, Freelens, et la Saif lancent un appel pour la constitution d’Etats généraux de la photographie. Les Agents Associés, le Groupement National des Photographes Professionnels et l’Association Nationale des Iconographes s’associent à cet appel…

Les utilisations massives de photos dites « libre de droits », les photographies à « 1 euro », les photographies signées « DR », la baisse générale des tarifs, les contrats de cession de droits ne respectant pas la loi, la remise en cause par les juges de la qualité originale des photographies, la banalisation de la photographie comme un bien de consommation et les autres atteintes à la profession doivent être encadrés juridiquement et socialement. Ces pratiques abusives génèrent une crise économique sans précédent qui met en péril les auteurs photographes et les agences photographiques qui diffusent leurs images. L’opinion publique et les représentants de l’Etat doivent prendre en compte cette réalité.

La France pays inventeur de la photographie a le devoir de soutenir la liberté de création visuelle et maintenir une activité économique qui concerne des milliers d’emplois utiles à notre société. Nous demandons à l’Etat, garant des libertés et de la sauvegarde du patrimoine culturel, de tout mettre en œuvre pour réunir l’ensemble des acteurs de la photographie et trouver des solutions législatives à cette situation.

Vous pouvez soutenir cette initiative en signant l’appel sur http://petitions.upc.fr/appel.php?petition=1

23 juin 2009 Posté par Claude Frison | Liberté de la presse, Photographes | , | Pas encore de commentaires

Commission de la Carte de Presse : n’oubliez pas de voter !

La Commission de la Carte de Presse est un des premiers lieux de réflexion, de défense et d’action pour la profession. IL EST IMPORTANT DE VOTER.
Ce ne sont plus les Européennes mais le 2ème tour de l’élection des représentants des journalistes à la commission de la carte de presse. Il a commencé le 8 juin et se termine le 17. Vous avez reçu en principe le matériel nécessaire au vote… et vous le savez sûrement, au 1er tour, il y a eu 15 376 votes exprimés représentant 40,89%, donc moins de la moitié des détenteurs de la carte de presse. Ce qui déclenche un 2ème tour.
Cette fois, il n’y a pas de quorum. Les candidatures ne sont pas non plus réservées aux seules organisations représentatives. Il y en a donc une de plus : Sud. Plus exactement Sud “Culture Solidaires”. Elle s’ajoute au SNJ, à la CFDT, la CGT, la CFE-CGC, la CFTC, et FO.

11 juin 2009 Posté par Claude Frison | SNJ, Social | | Pas encore de commentaires

CCIJP : élections 2009

Le scrutin démarre le 27 avril et se poursuit jusqu’au 19 mai, nous allons bientôt recevoir par la poste notre matériel de vote. Il s’agit de désigner nos représentants à la commission de la carte (CCIJP). Cette institution qui, tous les ans, en nous délivrant la carte de presse, atteste officiellement de notre qualité de journaliste professionnel.
Qu’est-elle vraiment, cette carte ? Pourquoi existe-t-elle ? Comment a-t-elle vu le jour ? Que signifie-telle ? Selon quelle règle est-elle attribuée ? Tout ou presque se trouve sur le site de la Commission, http://www.ccijp.net/.
Et pour l’éclairage du SNJ qui en a toujours, jusqu’ici, occupé la co-présidence tournante (un journaliste une année, un représentant des entreprises de presse l’autre année) http://www.carte2009.fr

17 avril 2009 Posté par Claude Frison | SNJ, Social | | Pas encore de commentaires

Pigistes nantais : compte-rendu réunion du 3 février

Communication du Collectif “Pigistes Nantais”

Pigistes, avenir rose ou morose ? Devinez. La réunion des pigistes nantais le 3 février a porté sur le protocole d’accord cosigné par la CFDT, la CGC et la CFTC, avec l’opposition ferme et unanime de collectifs de pigistes, des syndicats SNJ, CNT, FO, CGT et SUD. La réunion a aussi abordé les stratégies en cas de baisse de piges. On était une grosse douzaine.

On aurait pu avoir un papier dans “Grosse douzaine hebdo”, mais le pigiste qui écrit pour ce titre n’était pas là. Jamais là quand on a besoin d’eux, ces fainéants. Planqués (et peut-être bien consanguins). La première partie a déjà été traitée par un argumentaire précis développé par le collectif « Profession pigiste » et le SNJ. Des fichiers reprenant ces arguments ont été adressés avec l’invitation à cette rencontre. Les redemander si nécessaire (ainsi que les autres documents présentés au cours de la réunion).

Faute de réponse aux invitations des responsables régionaux de la CFDT à venir expliquer leur choix, les arguments de la CFDT ont été résumés à partir d’une contribution reçue par mail, sollicitée auprès de la direction nationale. Topo rédigé par Michel Chapeau, négociateur et secrétaire fédéral de la branche presse. Mais les arguments de la CFDT, revendiquant comme des avancées pragmatiques des dispositions déjà prévues par la loi, code du travail et convention collective, laissent perplexe. Certes, les employeurs appliquent difficilement, voire pas du tout ces droits. Ancienneté passée à la trappe, exclusions des oeuvres sociales du CE, des listes électorales, etc. Mais comment espérer que ces droits puissent se révéler mieux garantis avec un nouveau texte, alors que les premiers textes supposés aussi les garantir sont bafoués dans les faits. Pourquoi faire plus confiance au nouveau texte si le premier n’est pas respecté ? La logique est en fait simple : il faut faire valoir nos droits, et batailler pour. Pas attendre un texte modifiant celui existant, avec une hypothétique “applicabilité”, pour paraphraser les néologismes à la noix.

On a essayé de montrer les enjeux, et les dangers tendanciels pour les pigistes, menés de plus en plus vers un statut extérieur au salariat, en tous cas à la communauté de travail, ce qui est déjà le cas physiquement et géographiquement. La disparition des pigistes du registre unique du personnel, donc rayés des effectifs du média qui les emploie est à ce titre significatif. Très dans l’air du temps ça; il faudrait devenir le propre responsable de son destin professionnel, auto-entrepreneur, profession libérale ou un truc du genre. Mais du coup, fini (ou presque) le salaire en cas de maladie, les congés maternité, les avantages communs, les rapports de force pour obtenir des droits transversaux. Chacun pour soi. On passerait au stade d’un rapport commercial, comme la sous-traitance dans l’industrie. Ce qui amenèrait encore plus de docilité, puisque l’employeur pourrait changer son prestataire pigiste avec encore moins d’encombres qu’actuellement. Malheureusement, l’emploi du conditionnel n’est plus de mise. Le nouveau texte, qualifié de “scélérat” par le SNJ, est applicable dès maintenant. Dans les entreprises, les employeurs ne vont pas se gêner.

Cependant, les recours sont en cours contre ce “protocole d’étape” dont les extensions prévues restent assez brumeuses. Les syndicats non-signataires le contestent en justice, sur le fond. Ils font prévaloir que le texte est contraire à la convention collective des journalistes. Mais cela va prendre du temps, les recours n’étant pas suspensifs.

Au club de la presse devant des sandwiches, la deuxième partie de la rencontre était un peu là pour appâter, avec quelque chose qui implique personnellement tout le monde. On a présenté l’accord de compensation des baisses de piges à Libé, et ses limites (calcul du différentiel entre l’année N et l’année N+1, pour règlement -ou dérèglement structurel- à l’année N+2 ; montant : 40% de la baisse constatée). On a rappelé les “contrats” de mensualisation des pigistes réguliers à La Croix, l’”outil de pilotage” de la régularité des collaborations en germe au groupe Wolkers Kluwer (ex groupe Liaisons). On a aussi présenté la démarche à entreprendre auprès des rédactions et des médias pour demander cette régularité, inscrite dans la loi (Cressard) et, au pire, le contenu possible de lettres de demande de licenciement, en bonne et due forme.

Tout cela pour dire qu’il existe des solutions groupées, éventuellement négociées, et qu’il faut éviter le piège du fatalisme et de la résignation. Pourquoi faudrait-il nous sur-pénaliser nous mêmes en cas de marée basse persistante ?

On a aussi plaidé pour des démarches collectives, plutôt que du traitement au cas par cas, au coin du bois. Les temps étant difficiles, la division et l’individualisme sont souvent vus comme des petits moyens de tirer son épingle du jeu. Ceci dit pour les petits malins qui pensent que ce n’est pas un rapport de force mais juste un sillage perso à tracer. Mais tout seul, on ne gagne pas souvent. On a lu ça dans “Souvent magazine”. Voilà. C’est l’heure de rendre l’antenne. A vous les studios.

17 février 2009 Posté par Claude Frison | Social | | Pas encore de commentaires

Journalistes : grève et manif le 29 janvier


Les syndicats de journalistes appellent à faire de la journée du 29 janvier un grand moment de mobilisation, de grève et de manifestations, dans l’unité la plus large et la plus combative. Avec tous les salariés du privé et du public, les journalistes refusent :

- les licenciements et la précarisation des emplois
- le blocage des salaires
- le dépeçage de notre Convention collective
- les attaques tous azimuts contre les services publics

Ils exigent :

- des embauches et des emplois qualifiés et statutaires
- des négociations salariales paritaires dignes de ce nom
- des salaires reconnaissant leurs qualifications et garantissant leur indépendance économique
- de meilleures conditions de travail
- le respect de leurs droits et de leur indépendance pour toujours mieux informer

A PARIS L’INTERSYNDICALE DES JOURNALISTES
DONNE RENDEZ-VOUS
A TOUS LES SALARIES DES MEDIAS
Boulevard Beaumarchais
à partir de 13h 30
(en tête de manif, entre FO et CGT)

28 janvier 2009 Posté par Claude Frison | Social | | Pas encore de commentaires

Pigistes : rencontre débat au CPNA

3 février 19h30
au Club de la presse de Nantes
Les sujets de préoccupation :
1/ le protocole d’accord pigistes et ses dangers,
2/ les échéances d’une éventuelle application, ou d’un rejet, de cet accord.
Avec lectures critiques du texte et point de vue du SNJ
(opposé à ce texte avec les journalistes CGT, FO, SUD, CNT secteurs presse ),
le point de vue de la CFDT, premier signataire de cet accord (suivi par la CGC et la CFTC)
Contacter Hubert Heulot

21 janvier 2009 Posté par Claude Frison | Social | | Pas encore de commentaires

Protection des sources : appréciation aux juges

Après l’Assemblée nationale au printemps dernier, le Sénat vient de se pencher sur la protection des sources des journalistes, clarifiant des éléments de ce texte critiqué par la gauche et par plusieurs syndicats de journalistes.

Adopté en première lecture par La Haute Assemblée, le projet défendu par Rachida Dati (lire notre article) va donc repartir au palais Bourbon pour une deuxième lecture (ndr : la majorité UMP et centristes a voté pour ; la gauche PS, PCF et Verts a voté contre en déplorant des “imprécisions” encore “trop nombreuses”). Les sénateurs ont adopté avec l’aval du gouvernement tous les amendements du rapporteur de la commission des Lois (ndr : François-Noël Buffet, UMP) visant à “clarifier” le projet.

Dans le premier article, ils ont supprimé la disposition limitant aux seules questions dites d’intérêt général le bénéfice de la protection du secret des sources. Plusieurs syndicats de journalistes la jugeaient très “floue”. Selon la version sénatoriale, “le secret des sources des journalistes est protégé dans l’exercice de leur mission d’information du public”. Cette protection est par ailleurs “explicitement” étendue à l’ensemble de la chaîne de l’information. Ils ont précisé la notion “d’atteinte indirecte” en stipulant qu’elle consiste en “le fait de chercher à découvrir les sources d’un journaliste au moyen d’investigations portant sur toute personne qui, en raison de ses relations habituelles avec un journaliste, peut détenir des renseignements permettant d’identifier ces sources”.

Les dérogations au secret des sources permises par le texte ont par ailleurs été complétées. Les députés avaient voté qu’il “ne pouvait être porté atteinte directement ou indirectement à ce secret qu’à titre exceptionnel et lorsqu’un impératif prépondérant d’intérêt public le justifie”. Les sénateurs ont supprimé la mention “à titre exceptionnel” et ajouté “et si les mesures envisagées sont strictement nécessaires et proportionnées au but légitime poursuivi”. La ministre de la Justice a jugé “impératif” de “laisser aux juges le soin d’apprécier au cas par cas s’il est justifié de savoir comment un journaliste a été informé et d’identifier sa source” dans le cadre d’une affaire pénale. CAF (sources : AFP, L’Express)

5 novembre 2008 Posté par Claude Frison | articles Claude A.Frison | | Pas encore de commentaires

Plenel claque la porte des Etats généraux de la presse

Le site d’informations Mediapart a annoncé jeudi avoir décidé de ne plus participer aux états généraux de la presse écrite, estimant qu’il s’agit “au mieux d’un jeu de dupes, au pire d’une menace pour l’ensemble de nos métiers…”. Notre rédaction s’en fait l’écho…

Le site d’Edwy Plenel avait été invité à participer à l’une des commissions des états généraux lancée début octobre par Nicolas Sarkozy. Une commission dédiée à la presse sur internet (ndr : intitulée “Le choc d’Internet : quels modèles pour la presse écrite ?”), pilotée par Bruno Patino (voir bio et photo), docteur es-sciences-po, ex-directeur du Monde Interactif (aujourd’hui disparu), auteur d’un essai sur “Une presse sans Gutenberg“…

Mediapart aura finalement participé aux états généraux de la presse durant 17 minutes : “Nous nous sommes rendus à la première réunion de cette commission jeudi pour constater qu’aucune des conditions minimales n’était remplie : pas de publicité des débats, sous-représentation des journalistes, absence des lecteurs et des blogueurs, et un flou procédural laissant libre cours aux influences et petits arrangements”…

Rappel des faits
: début octobre, Nicolas Sarkozy a chargé quatre groupes de travail composés d’éditeurs, de journalistes, d’experts et d’hommes politiques, de réfléchir à l’avenir de la presse. Chaque groupe devant présenter d’ici la fin de l’année quelques recommandations (ndr : cinq ou six… pas plus…).

Une histoire de saupoudrage : des “pôles” dotés de personnalités variées…

Que retenir du pôle, si ce n’est sa dénommination et sa composition : “Quel avenir pour les métiers du journalisme ?” avec Arnaud de Puyfontaine (photo), diplômé de l’ESCP, 44 ans, ancien Pdg de Mondadori France, qui regroupe les activités françaises du groupe italien connu pour avoir mené la cession d’Emap France à Mondadori, en 2006, contrôlé par la holding Fininvest de Silvio Berlusconi. Ex-président de l’Association pour la promotion de la presse magazine (APPM, de 2004 à 2007).

Dans cette auguste commission, le rejoignent Michel Muller (Filpac-CGT), Gérald de Roquemaurel (ex-Lagardère), Jean-Clément Texier (expert médias), Michel Sasportes (OC & C Strategy) et Francis Morel (Le Figaro)… un doux mélange… avec deux rapporteurs : Cécilia Berthaud de l’Inspection des Finances et Marine Camiade de la Cour des Comptes.

François Dufour, président du pôle «presse et société», s’est pour sa part entouré de quatre vice-présidents chargés chacun d’une question clé… le casting parle de lui-même : Patrick Eveno, historien de la presse (Paris I), qui pilote le thème «Pluralisme, développement et concentration : que faire ?» ; Jean-Marie Charon, sociologue de la presse et chercheur au CNRS, la question ; Pascal Guénée, directeur de l’Institut pratique du journalisme («Comment améliorer le contenu pour les lecteurs»ue du Journalisme”) le sujet sur la confiance des lecteurs, et Jeanne-Emmanuelle Hutin (ndr : Hutin, donc…), du quotidien régional «Ouest-France», celui sur les moyens d’attirer les lecteurs jeunes (15-15 ans). Chritophe Garat, de la Cour des Comptes, et Emmanuel Fessy, ex-conseiller technique auprès du ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon…
Pour info, les quatre groupes de travail constitués depuis le 2 octobre pour organiser les travaux des états généraux de la presse ont à leur tête des personnalités ayant toutes une (grande) expérience du monde de la presse. Des groupes sensés dialoguer via un comité de pilotage… (le plus) intéressant (est) donc de passer en revue la composition de ce comité… un vrai casting média :

La coordination est assurée par Bernard Spitz (photo, diplômé de l’ESSEC, de l’IEP Paris et de l’ENA, maître des requêtes au Conseil d’Etat). Bernard Spitz a été jusqu’en 2004 directeur de la stratégie de Vivendi Universal, avant de fonder “BSConseil”, société de conseil en stratégie et en communication. L’homme est par ailleurs ex-conseiller de Michel Rocard, ancien journaliste au Monde et a été membre de la DG de Canal+. Bernard Spitz est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur le secteur de la communication, accessoirement membre du collectif de réflexion de centre gauche des “Gracques” (association lancée par d’anciens conseillers économiques et sociaux de F. Mitterrand, et des ministres L. Fabius, P. Beregovoy, M. Rocard, L. Jospin, J. Delors, M. Sapin et DSK).

Groupe de travail “Imprimer, transporter, distribuer, financer : comment régénérer le processus industriel de la presse écrite ?” : Bruno Frappat (photo, La Croix, 63 ans, est depuis avril 2005 le président du directoire de Bayard Presse, groupe catholique de presse et édition multimédia, (détenu par les Assomptionnistes)…

Bruno Patino (photo, 43 ans, qui vient d’accéder à la direction de France Culture, est un spécialiste des relations entre la presse et internet. Ce docteur en sciences politiques, également diplômé de l’Essec (Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales), a notamment pris en charge le destin numérique du Monde, en dirigeant sa filiale Le Monde Interactif (ndr : paix à son âme…) a également présidé Télérama et la régie publicitaire du groupe Le Monde, dont il deviendra brièvement vice-président du directoire en 2007. Bruno Palatino dirige l’école de journalisme de Sciences-Po Paris et est l’auteur avec Jean-François Fogel d’un essai sur “Une presse sans Gutenberg“. En charge de l’atelier “Le choc d’Internet” : quels modèles pour la presse écrite ?

François Dufour, 46 ans, est le co-fondateur du groupe Play Bac et le rédacteur en chef des seuls quotidiens français destinés aux enfants. Diplômé de Science-Po, il est le représentant des quotidiens nationaux français à l’Association mondial des journaux (AMJ). Convaincu que la crise de la presse est une “crise du contenu“, il a avancé en janvier dix propositions pour sauver les quotidiens d’actualité. Parmi elles : rendre les journaux plus visuels, plus explicatifs, plus pratiques, s’interroger davantage sur ce qui intéresse les lecteurs, et en particulier les lectrices, offrir davantage de sport et de sujets nationaux… l’homme est en charge de l’atelier “Presse et société” : comment répondre aux attentes des lecteurs et des citoyens ?

Claude A.Frison (mouture sources AFP, Nouvel Obs, Médiapart, Ouest France…)

24 octobre 2008 Posté par Claude Frison | Accès à l'information, Etats généraux de la presse, Liberté de la presse, SNJ | | Pas encore de commentaires

Cyber-travailleurs : surf sous haute surveillance

L’usage d’internet en entreprise se heurte aux lois de protection des personnes sur leur lieu de travail. Un vrai casse-tête pour les DRH et les DSI.

Les services web utilisés pendant les heures travaillées posent des problèmes exponentiels aux DRH/DSI. Pour les salariés, qui sont aussi citoyens et consommateurs, l’emploi du Net est incontournable, avec toutes les répercussions que cela suppose dans leur façon de communiquer et de consommer de l’information de toute nature… de fait, dans l’industriel ou le tertiaire, une info périphérique au job peut s’avérer stratégique pour le salarié et ses collègues environnants : développements industriels, prévisions de restructurations, alertes boursières, blogs syndicaux… le champ est large.

Qu’en est-il donc d’autres connexions en ligne depuis le poste de travail : opérations bancaires à distance, achats courants et autres téléchargements de fichiers de musique et de VOD, sans omettre l’envie de dégoter le dernier gadget high-tech au moindre prix, d’entretenir des communications avec des tiers, de pratiquer des jeux en ligne “pour se détendre”. Mais parfois aussi (à l’insu de la hiérarchie), visiter des sites licencieux, révisionnistes, terroristes… par simple curiosité souvent. En bref, il est devenu quasiment inévitable que des collaborateurs utilisent leur connexion internet de façon dite “inappropriée”. Des faits très courants en pratique, qui soulèvent de nombreux problèmes, car informatique et sécurité ne font pas toujours bon ménage sur le “lieu de travail”. Difficile aussi d’effacer toutes traces ici et là… le surf restant sous haute surveillance.

En matière de sécurité, contrairement à la protection du réseau contre les attaques extérieures, les contrôles effectués sur les “connexions utilisateurs” se limitent en général à de simples vérifications ponctuelles. Sauf instruction express de la DSI, rien n’empêche donc en principe d’installer un navigateur parallèle sur son ordinateur de bureau pour des usages privés. De type “open source” (firefox ou thunderbird pour le courrier, assurant un meilleur contrôle des données de traçage).

Vie de bureau versus sécurité informatique

Du point de vue des dirigeants, outre que tout celà occupe de la bande passante, certains téléchargements peuvent déboucher sur des litiges en matière de droits d’auteurs, voire engager l’entreprise au niveau pénal. Sur le plan du droit, en vertu du code pénal, l’entreprise et ses dirigeants, en tant que représentants légaux, peuvent être poursuivis pour complicité ou recel (même si l’utilisation malveillante s’est faite à leur insu). Les sanctions encourues pouvant aller de l’amende lourde, jusqu’à des peines d’emprisonnement. D’où l’intérêt pour les entreprises de se prémunir contre les agissements de collaborateures étourdis. La précaution consistant à filtrer les sites jugés illicites en s’appuyant sur des applications spécialisées. Ce qui est jugé « illicite » devant (en principe) être discuté entre l’entreprise et le CE.

Techniquement, les solutions existent pour contrôler les flux d’informations échangées par les salariés. Des serveurs d’interception de requêtes internes qui vérifient automatiquement la conformité des échanges avec la politique de sécurité maison. Dans le détail, le filtrage d’adresses (URL) se fait en utilisant des logiciels de sécurisation bien connus (de type websense, secure compu­ting, surfcontrol) ; aussi des contrôles de transferts des flux analysés (tcp, http, https, socks, dns, ftp). De même pour les protocoles de messagerie instantanée (windows messenger, aol, yahoo).

Claude A.Frison
(journaliste, consultant)

17 octobre 2008 Posté par Claude Frison | CNIL, Consommation, Libertés individuelles, Ressources Humaines, Travail, articles Claude A.Frison, dossiers, phishing | | Pas encore de commentaires

Mediapart : lettre ouverte aux Etats généraux

Nicolas Sarkozy organise des Etats généraux de la presse. Il en a fixé les objectifs, il en choisit les responsables, il en arbitrera les propositions. La procédure est opaque, les débats ne sont pas publics et les décisions sont laissées à l’arbitraire présidentiel.

Les conseillers, officiels ou occultes, s’affairent, entre intérêts croisés et clientèles empressées. Bref, ces prétendus Etats généraux contredisent tous les principes de transparence de la vie publique. C’est pourquoi Mediapart appelle tous les professionnels à imposer de véritables Etats généraux…

Voir la suite de l’article et l’analyse (texte intégral) faite par Edwy Plenel et François Bonnet, de la rédaction de Médiapart (illustration par Baroug publiée par Bakchich)

14 octobre 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | Un commentaire

Mediapart : lettre ouverte aux Etats généraux

Voici dans son intégralité l’analyse faite par Edwy Plenel et François Bonnet, directeur de la rédaction de Médiapart sur les Etats généraux de la presse initiés par Nicolas Sarkozy… Mediapart lance un appel à tous les professionnels pour imposer de véritables Etats généraux…
Nous sommes journalistes. Notre métier est l’information, c’est-à-dire la libre enquête sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. C’est un travail qui nous oblige, car il est au coeur d’un enjeu qui nous dépasse: la démocratie.

Une crise d’indépendance

Les droits et devoirs de notre profession ne sont pas un privilège, mais une responsabilité envers les citoyens. La déclaration qui vaut charte déontologique pour les journalistes européens l’énonce clairement : «La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics». Tout simplement parce que les journalistes sont à la fois dépositaires, instruments et gardiens d’une liberté qui ne leur appartient pas : «Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique estune des libertés fondamentales de l’être humain, rappelle le même texte, adopté en 1971 à Munich parnos fédérations et organisations professionnelles. De ce droit public à connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes».

Nous sommes journalistes, et nous ne comprenons pas ce que divers représentants de notre profession sont en train de laisser faire. Nous ne comprenons pas comment l’avenir de notre métier peut être confié à une procédure qui est la négation même des principes que nous venons d’évoquer. Nous voulons parler de ces Etats généraux de la presse, initiés, convoqués et organisés par le président de la République française dont les quatre groupes de travail commencent aujourd’hui à se réunir.

Un déni de démocratie

Les Etats généraux qui, en 1789, abolirent les privilèges, adoptèrent la déclaration des droits de l¹homme et instituèrent une assemblée constituante, étaient autrement démocratiques, transparents et pluralistes que la caricature qui nous est aujourd’hui proposée. «La publicité de la vie politique est la sauvegarde du peuple», affirmait en août 1789 Jean-Sylvain Bailly, président du tiers-état et premier maire de Paris, résumant d’unephrase cet enjeu crucial où la liberté de la presse garantit celle des citoyens. Citant cette sentence dans son Histoire des médias (Seuil, 1990), l’historien et praticien des médias Jean-Noël Jeanneney ajoute ce commentaire :«Il ne suffit pas de dire que désormais la souveraineté ne tombe plus d’en haut, et qu’elle procède du peuple ; il faut que tout se fasse en public, sous le regard attentif et sévère des citoyens». De fait, en 1789, les Etats généraux donnèrent lieu à l’expression publique de revendications par les cahiers de doléances, à la désignation pluraliste de représentants par l’élection de députés, à la confrontation transparente des opinions dans des assemblées ouvertes, à l’élaboration patiente de consensus légitimes sanctionnés par des votes.

Faut-il avoir perdu confiance en nous-mêmes, en l’ambition de notre métier et en l’exigence démocratique qui le fonde, pour accepter de cautionner, à plus de deux siècles de distance, une mise en scène où tous ces principes sont piétinés? Sous couvert de république, la procédure est monarchique. C’est le président de la République qui, seul, décide, choisit, arbitre. Ainsi le pouvoir exécutif, en son expression à la fois la plus symbolique et la plus sommaire, s’arroge sans partage le droit de décider ce qui sera bon pour ceux qui, dans ce pays, font profession d’informer. Il s’agit de « ma proposition », a insisté Nicolas Sarkozy dans son discours d’ouverture, le 2 octobre. Le «comité de pilotage», dont il a désigné seul les quatre membres sans aucun critère transparent ni procédure publique, sera coordonné par «mon cabinet», a-t-il ajouté, ne citant qu’ensuite, et donc dans une explicite soumission hiérarchique, la ministre de la culture et de la communication ainsi que la direction du développement des médias qui dépend du premier ministre. Ce comité est chargé de lui faire des «propositions» qui, a-t-il précisé, «tiendront compte des suggestions» des professionnels, formule aussi vague dans l’énoncé que souple dans l’exécution. Mais, au final, c’est lui et lui seul qui fera le tri : «J’écouterai et je tiendrai compte de ce qui sera dit». On a connu engagement plus contraignant.

Une procédure opaque

De cette régression stupéfiante ­ le pouvoir s’arrogeant la maîtrise du contre-pouvoir ­, tout le reste découle. Désignés par privilège présidentiel, les quatre «pilotes» choisissent de façon régalienne les membres de leurs groupes de travail. Quant à l’organisation des travaux, ni règle précise, ni transparence codifiée, encore moins de procédure claire ou d’ordre du jour précis: l’opacité règne, avec son cortège d’arrière-pensées, de manoeuvres et de clientèles, d’intérêts et de réseaux. Un secteur économique qui représente pas moins de 400.000 emplois voit donc la réflexion sur son avenir confiée à une poignée d’experts arbitrairement sélectionnés par le Prince du moment, lequel président a pourtant maintes fois démontré le peu de cas qu’il faisait de l’indépendance des journalistes et de la liberté de la presse.

Que des Etats généraux d’une presse minée par la crise et ébranlée par le numérique soient une excellente initiative, c’est une évidence. Que le discours introductif de Nicolas Sarkozy contienne des pistes intéressantes, c’est même possible. Mais l’on ne saurait être journaliste et accepter des Etats généraux qui non seulement ne sont pas organisés par la profession elle-même, mais qui, de plus, ne respectent aucun formalisme démocratique. De même que l’on ne saurait prendre pour argent comptant un simple discours présidentiel quand notre métier nous apprend à distinguer communication et information, en confrontant les mots aux actes. Journalistes, nous pouvons d’autant moins accorder notre confiance à cette procédure incertaine quand nous savons ce qui l’a précédée.
D’abord, le feuilleton de la réforme de l’audiovisuel public : service rendu en sous-main aux opérateurs privés qui réclament le monopole des ressources publicitaires ; commission parlementaire bafouée par le rejet présidentiel de ses propositions les plus consensuelles ; annonce unilatérale de la désignation des futurs dirigeants par le seul président de la République, confondant ainsi le service du public et celui de l’Etat pour mieux réduire l’autonomie conquise, depuis 1981, par les rédactions. Ensuite, le rapport préparatoire confié par Nicolas Sarkozy à une élue parisienne du parti présidentiel, l’UMP Danièle Giazzi, sur Les médias et le numérique : les quelques propositions pertinentes y sont accessoires par rapport à son objectif essentiel de dérégulation et déconcentration, porte ouverte à une régression accentuée d’un pluralisme médiatique déjà bien mis à mal. Enfin, le rôle occulte assumé, en toute vergogne, par l’officieux conseiller du président, particulièrement en ces matières médiatiques, Alain Minc : sa dernière sortie haineuse (ndlr: voir vidéo) contre Mediapart en particulier et le journalisme en général montre en quel estime il tient la liberté de la presse, alors même qu’il gagne sa vie en conseillant des opérateurs financiers directement intéressés à ce que décidera ce président qu’il conseille également, dans le secret de leurs conciliabules, sans rendre compte à quiconque et dans un mélange des genres stupéfiants.

Imposer de vrais Etats généraux…

Autant de raisons pour en appeler à la raison d’être de notre profession. Accepter de prétendus Etats généraux ainsi conçus, c’est forcément acquiescer à un marché de dupes. C’est surtout renier nos valeurs professionnelles et nos principes démocratiques, au risque d’accentuer le discrédit du journalisme dans l’opinion et d’aggraver ainsi une crise de confiance qui est au coeur des difficultés de la presse.

Nous en appelons donc à toute la profession, à tous les métiers de la presse et de l’information, à toutes les organisations syndicales et professionnelles, pour les inviter à choisir une autre voie, en imposant de véritables Etats généraux de la presse, organisés par la profession elle-même, avec des assemblées délibératives, des délégués élus, des doléances recueillies, selon une authentique procédure démocratique, c’est-à-dire publique.

Ne pas le faire, céder à l’appétit des intérêts particuliers et aux sirènes du pouvoir présidentiel, ce serait trahir la promesse démocratique qui nous légitime professionnellement, aussi essentielle pour nos concitoyens que celle qui, par le suffrage, légitime le chef de l’Etat. «Le principe de la liberté de la presse n’est pas moins essentiel, n’est pas moins sacré que le principe du suffrage universel, rappelait Victor Hugo, dans un discours à l’Assemblée constituante de 1848. Ce sont les deux côtés du même fait. Ces deux principes s’appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une, c’est attenter à l’autre».

14 octobre 2008 Posté par Claude Frison | Etats généraux de la presse, Liberté de la presse | | Pas encore de commentaires

La Vérité, toujours bonne à dire ?

Si nous autres journalistes avons un incontestable – et probablement irremplaçable -, rôle d’informer, doit-on pour autant tout dire ?
Est-ce qu’un journaliste, une fois qu’il détient une information sûre, doit, au non de la liberté d’informer, forcément la divulguer ? Est-il bon, par exemple, lorsqu’un voleur a inventé une technique de vol, de la décrire dans les détails et de donner ainsi des idées à d’autres ? Si nous écrivons où sont stockés les euros, à qui profite l’info ? Les professionnels du tourisme ont estimé que, suite à l’Erika, l’image de la côte a été davantage souillée que les plages elles mêmes. À quoi bon alors annoncer chaque nouvelle apparition de boulette de pétrole ? A force de parler de vols, de viols, de faits de banditisme, ne banalise-t-on pas ces actes ? Lorsqu’une entreprise connaît des difficultés, ne risque-t-on pas, en l’annonçant trop tôt, de rendre sa chute irrémédiable ?…
Je n’offre pas de réponse, uniquement des questions. Mais notre vie d’adulte nous a appris que la Vérité n’est pas toujours bonne à dire. En ce domaine, la carte de presse peut-elle nous servir de passe droit ? Notre charte des journalistes est bien faite. Toutefois, une petite ligne supplémentaire qui suggèrerait au professionnel, avant de divulguer une information, de se pencher, en son âme et conscience, sur les conséquences que ladite divulgation pourrait éventuellement entraîner, ne serait peut-être pas totalement superflue.
Didier San Martin
Journaliste – Romancier

8 octobre 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | Un commentaire

Sans papiers, sans valeur ?

La direction de 20 Minutes vient ce 2 octobre, présenter sa nouvelle maquette au CCO…

L’occasion de se souvenir – c’est si vieux – que le site Internet du journal 20 Minutes a été le théâtre d’une grève cet été, suite à la mise à pied du rédacteur en chef du web, Johan Hufnagel, pour si j’ai bien compris, abus de liberté de ton…

Sur le web, l’information, anonyme, se banalise et se conforme aux chartes de bonne conduite. Des millions de papiers tournoient dans le cyberespace, mixés, référencés et vite périmés. Dans les écoles primaires, nos enfants voient aussi certains de leurs camarades déréférencés. Du jour au lendemain, ils glissent en page cachée… En rétention, faute de papier.

Pour notre lecteur, le papier et sa signature apportaient la garantie d’un être humain au bout de la plume. À la radio nous avions des voix connues, à la télé, des têtes qui vieillissaient, qu’on moquait. Trop personnifiée, l’information a aussi ses travers, mais, au moins le public sait qui lui parle. C’est ce lien qui est cassé sur le web à coups de dépêches, de pseudos et de communiqués hâtifs. Et pourtant, c’est ce lien de confiance qui permet de convaincre ou d’alerter. L’indignation a trouvé refuge dans les écoles, parce que les parents sont bien obligés de faire preuve de responsabilité face au racisme, quand la police vient chercher les camarades de leurs enfants. Faut-il que le papier nous manque !

1 octobre 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | Un commentaire

Antivirus : payer plus pour protéger moins…

Angoissé qu’il est par la crainte d’une contamination potentielle, l’utilisateur lambda télécharge volontiers des programmes anti-viraux additionnels, même si leur installation constitue une surcouche parasitaire sur une protection déjà existante…

Pour preuve les récentes déclarations de Neil MacDonald, Vice-président du Gartner Group, lors de la conférence IT Security Summit organisée à Londres. « Pourquoi payer davantage chaque année pour des antivirus qui en donnent moins ?”. Soulignant de fait que dans le domaine de la sécurité, les logiciels perdent souvent de leur efficacité alors qu’apparaissent de nouvelles menaces. Cet analyste estimant que les logiciels (d’un prix assez élevé) sont trop souvent destinés à effectuer une tâche unique, comme empêcher les intrusions ou protéger un point d’accès. Du coup, cela conduit les utilisateurs à multiplier des outils dédiés à telle ou telle tâche. Selon Neil MacDonald, les logiciels devraient plutôt apporter une réponse globale, chaque module coopérant avec les autres, comme un véritable système immunitaire. “Les éditeurs proposent trop de produits ponctuels, induisant trop de complexité”, conclue-t’il.

Utile de rappeler l’anecdote que nous relevions voici quelques mois à l’écoute d’une émission sur France Inter, où un auditeur agacé donnait la réplique à un représentant de Symantec venu défendre Norton Internet Security (suite à de mauvaises notes obtenues par cet outil dans divers comparatifs. Et de pointer les difficultés rencontrées avec ce kit qui bloquait son système de façon intempestive (impossible à désinstaller puis réinstaller correctement, vous connaissez…). L’auditeur donnant l’exemple d’un proche, informaticien de surcroît, qui n’utilisait plus aucun outil anti-viral depuis deux ans, sans problème apparent…

Déjà pointé dans les colonnes de Presshightech et ce sujet devient un marronnier, les éditeurs de logiciels méritant quelques (virtuelles) châtaignes… de fait, l’utilisateur doit savoir que le pare-feu intégré au système d’exploitation des PC est suffisant pour protéger l’internaute lambda. Une surcouche de protection risquant d’annihiler tout bonnement le fonctionnement du tout. Il vaut donc mieux fermer les pop-ups ou autres publicités qui enjoignent de télécharger un module pour mieux protéger votre chère bécane… car c’est souvent là que commencent… les problèmes :-)

Claude A.Frison (source Gartner Group, IDG News Services).

1 octobre 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , | Pas encore de commentaires

Etats généraux de la presse

Le 27 mai 2008 Nicolas Sarkozy annonçait sur RTL sa volonté d’organiser des Etats généraux de la presse afin de “trouver des solutions et garantir l’indépendance de la presse et la diversité d’opinion”.

Chose faite… Nicolas Sarkozy donnera le jeudi 2 octobre le coup d’envoi des Etats généraux de la presse, destinés à trouver des solutions aux difficultés économiques de la presse écrite, a annoncé vendredi 26 septembre l’Elysée. Le chef de l’Etat lancera les travaux à 11 heures au palais présidentiel par une allocution devant les professionnels de la presse puis installera les différents “pôles de réflexion” chargés, sur le modèle du Grenelle de l’environnement, de réfléchir pendant deux mois à l’avenir de la presse, a-t-on précisé à la présidence. (AFP)

Quelques opinions recueillies par les journalistes du site journalisme.com

Selon Edwy Plenel (Mediapart), les responsables des grands journaux ne devraient pas accepter une “règle du jeu opaque sans aucune transparence” et réfléchir plutôt à la manière d’organiser eux-mêmes une réflexion collective au sein de la profession. “La situation est digne d’une monarchie !” s’exclame l’ancien directeur de la rédaction du Monde, soulignant non sans ironie que le terme même d’ “états généraux” peut parfois entraîner des révolutions…

François d’Orcival, Président du Syndicat Professionnel de la Presse Magazine et ‘Opinion : l’organisation d’un tel événement par les pouvoirs publics devrait profiter aux journalistes et leur permettre par la suite de prendre la parole afin d’exprimer leurs besoins dans les différents domaines concernés. “Le rôle du Président de la République est celui de prendre des initiatives”, explique-t-il. “S’il n’était pas là pour prendre des impulsions, qui les prendrait ?”

François d’Orcival sur les Etats généraux de la presse

29 septembre 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , | Pas encore de commentaires

Formation au CPNA : sauvegarde des entreprises

“Nous lisons avec intérêt vos excellents articles. Mais nous nous apercevons qu’il y a souvent de grosses erreurs dans ce que vous écrivez, preuve que beaucoup de journalistes ne dominent pas le sujet. Rassurez vous, la question de sauvegarde des entreprises est très complexe, même nous ne sommes pas certains de tout maîtriser…”. C’est avec cette vérité assénée sous forme de boutade que la conférence, initiée par le Club de la Presse de Nantes, sur la loi sauvegarde des entreprises a débuté vendredi 26 septembre.

Frédéric Barbin, greffier du Tribunal de commerce et Vincent Dolley, mandataire, connaissaient tout de même très bien leur sujet, particulièrement technique. Ils ont ainsi pu expliquer, devant les 16 journalistes présents – principalement de la presse économique – ce qu’était le mandat ad hoc, le débiteur in bonis, le redressement ou encore la liquidation judiciaire sous régime simplifié ou normal… Selon Frédéric Barbin, nous ne devrions jamais utiliser le terme “dépôt de bilan” que tout le monde comprend mais qui ne voudrait pourtant rien dire… Pas si simple de tout comprendre… A voir si nos prochains articles seront moins truffés d’imprécisions. (DSM)

27 septembre 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | Pas encore de commentaires

Les conférences de presse, à quoi bon ?

Il paraît que les chargés de com ou les attachées de presse (je sexifie volontairement les métiers) ont du mal à faire venir des journalistes à leur conférences de presse…

par Yves Perennou

« Plus le temps ! », répondent les journalistes, « envoyez-nous le dossier ». Si possible sous Word, pour copier-coller. Aussi fus-je très surpris en me rendant fin août à la conférence de presse de présentation des Rendez-vous de l’Erdre. Surpris car la salle dévolue par le conseil général était pleine à craquer, or je ne reconnaissais pas tant de journalistes, même de vue. Arrivé avant l’heure – c’est à dire à l’heure prévue – je me suis retrouvé cerné au milieu de l’assistance, erreur funeste de débutant, ai-je réalisé très vite. En fait de conférence de presse, nous avons eu droit au prises de paroles successives des présidents de ci et de ça, des vice-présidentes, maires et adjoints aux affaires culturelles du conseil général, du conseil régional de Nantes, et des cités environnantes dans une litanie de remerciements, félicitations et auto-congratulations. Chaque intervention était ponctuée d’une salve d’applaudissements dans le plus pur style « je fais durer l’inauguration en attendant l’arrivée du sous-préfet », pour finir, au bout d’une heure et demie, à enfin donner la parole au directeur artistique. Interloqué par les applaudissements, j’ai vérifié sur mon carton que je ne m’étais pas trompé, j’assistais bien à une conférence de presse. Au bout de deux heures, comme je lui avouais mon désaroi, une charitable consoeur me lâcha le morceau : « Ils sont tous partenaires ».

En fait de conférence de presse, j’avais donc assisté à l’assemblée des tutelles, mécènes et partenaires médias de l’événement social et culturel de la rentrée nantaise dont le contenu artistique est, plus que jamais un prétexte pour s’arroser mutuellement de bonnes grâce, subventions ou publicités diverses et aimables retrouvailles d’après bronzage. « Bien, me dis-je, me voici déniaisé, on ne m’y reprendra pas et Nantes n’a décidément rien perdu de ses mœurs provinciales ». Je renonçais même à vider ma rancœur contre le temps perdu, surtout après avoir visionné sur Internet, la conférence de presse de rentrée de France Inter. Il y avait aussi des applaudissements. « Paris est donc bien la plus grosse ville de province, me disais-je. Il ne faut plus du tout aller aux conférences de presse ».

Deux semaines seulement après, ma résolution a flanché et je me suis retrouvé au ministère de la Culture, rue de Valois, pour la « conférence de presse » – là je suis obligé de mettre des guillemets – d’annonce de la ville lauéate au titre de capitale européenne de la culture 2013 (Marseille). Une piste de cirque, plutôt. Une salle pleine, remplie aux trois-quart de non-journalistes et pour le reste par des hooligans armés de caméras, micros, perches, éclairage, appareils photos, courant dans tous les sens, tandis qu’un aéropage indéterminé de costumes-cravates et de belles quadragénaires, bavardaient autour du buffet au fond de la salle ou téléphonaient à qui parle le plus fort. Il y a eu quelques allocutions sans intérêt, puis comme le maire Jean-Claude Gaudin n’était pas encore arrivé (il nous faisait le coup du sous-préfet), quelqu’un a proposé à l’assistance de poser des questions. Il y a en a eu quand même trois, dont « pourquoi Marseille ? » Réponse : « parce qu’elle avait l’équipe la plus sympa ». Une pour dire : « le concours est pipoté » et une pour demander à ce qu’on résume le contenu de la candidature de Marseille. « Le dossier est sur Internet », lui a-t-on répondu. Ah oui, mais sur Internet, il aurait fallu le lire et essayer de comprendre. Et ce que la jeune consoeur voulait, c’était trente secondes de son. Rassurez-vous elle les a eues.

19 septembre 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | 4 commentaires

Edvige, Christina, Ariane et les autres

EDVIGE est le nouveau fichier de police officiellement institué par un décret en date du 27 juin 2008…

L’acronyme signifie “Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale”. Sa mise en oeuvre correspond à la mise en place de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) qui fusionne désormais les RG et la DST. Cette fusion ayant été programmée par Nicolas Sarkozy dès son arrivée au ministère de l’Intérieur en 2002.
En plus d’Edvige, la police vient de se doter du fichier CHRISTINA (Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux, classé « secret défense »), qui recense(ra) des données personnelles mobilisées par les forces de l’ordre en matière de lutte anti-terroriste.
Pour rappel, depuis les années 80, on assiste en France à un développement inédit de ce type de fichiers :

FPR (fichier des personnes recherchées)
FRG (fichier des renseignements généraux)
FIT (fichier automatisé du terrorisme)
FNT (fichier national transfrontière)
FNAEG (fichier national automatisé des empreintes génétiques)
FAED (fichier automatisé des empreintes digitales, enregistrant et conservant notamment les empreintes digitales de tous les individus mis en cause dans une procédure pénale pour crime ou délit, le FAED n’a jamais cessé de croître : 1,8 millions d’individus fichés en 2004… et plus de 3 millions aujourd’hui.)
Mais aussi…
JUDEX (système judiciaire de documentation et d’exploitation, prochainement fusionné dans ARIANE…)
STIC (système national des infractions constatées, alimenté par des informations extraites des procès verbaux établis dans le cadre de procédures judiciaires, le STIC comprenait 2,5 millions de fiches de personnes mises en cause en 1997… et plus de 4,7 millions en 2006)
Parallèlement, les autorités françaises ont contribué à mettre en place ou envisagent de participer à l’alimentation et à l’exploitation de nouvelles bases de données biométriques : fichier des empreintes digitales des demandeurs de visas, système d’information SCHENGEN II, fichier EURODAC, fichier national des passeports biométriques, etc.

Rappelons qu’au mois d’avril 2008, devant le tollé suscité par “l’expérimentation” du logiciel policier ARDOISE (acronyme d’« Application de Recueil de la Documentation Opérationnelle et d’Informations Statistiques sur les Enquêtes), MAM (Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur), avait dû renoncer (provisoirement) à ce nouvel outil (officiellement) présenté comme un moyen de traiter plus efficacement les infractions et d’augmenter leur taux d’élucidation. Ce logiciel devait permettre aux policiers, lors d’investigations, de collecter de nombreuses informations sur les individus se trouvant impliqués dans leurs enquêtes : les auteurs et les victimes, mais aussi les témoins. Il était demandé aux policiers, dans une rubrique intitulée « État de la personne » de renseigner d’étranges catégories concernant les individus amenés à entrer en contact avec les forces de l’ordre dans le cadre d’une procédure : « Homosexuel », « Transsexuel », « Travesti », « Relations habituelles avec personne prostituée », et cetera, etc… Claude A.Frison (mouture sources multiples et plus sur le site presshightech dédié à la sécurité dans le domaine des technos informatiques)

15 septembre 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | | Pas encore de commentaires

Biométrie : les contraintes du tout sécuritaire

Le CDSE (Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises ) vient de réaliser une enquête portant sur l’utilisation de systèmes de contrôle d’accès biométrique auprès de 50 directeurs sécurité d’entreprise
Selon le CDSE, il y aurait bel et bien une réticence à l’utilisation de ces systèmes. Pour les analystes, la réalité du marché biométrique serait très éloignée de l’image que l’on pourrait s’en faire et des fantasmes véhiculés par ce que certains auteurs appellent la « frénésie sécuritaire » (allusion à un ouvrage de Laurent Mucchielli, “La frénésie sécuritaire : retour à l’ordre et nouveau contrôle social”, Editions La Découverte, Paris 2008).
Pour rappel, derrière le vocable « biométrie » se cache une variété de techniques permettant à la fois l’identification et l’authentification des individus. D’une façon générale, un système de contrôle biométrique est un système automatique de mesure basé sur la reconnaissance de caractéristiques propres à l’individu. La biométrie permet l’identification d’une personne sur les bases de données reconnaissables et vérifiables. On distingue trois catégories de technologie biométrique. Il y a l’analyse biologique (odeur, sang, ADN…), l’analyse comportementale (dynamique d’une signature, la voix, la démarche…) et l’analyse morphologique (empreintes digitales, traits du visage, dessin du réseau veineux de l’œil …).
D’après l’étude, les techniques de sécurisation utilisant la biométrie sont encore loin de devenir l’élément clef des systèmes d’identification et de surveillance. En plus de constater que peu d’entreprises interrogées ont recours à ces systèmes (35% des entreprises interrogées utilisent un système biométrique à grande ou petite échelle), peu d’entre elles ont instauré ces techniques à l’ensemble de leurs infrastructures : 44% des entreprises ayant recours à la biométrie ont un système généralisé (soit moins de 15 % d’entre-elles). Pour l’instant les 66% d’entreprises qui utilisent la biométrie comme technique de sécurisation ne l’utilisent que dans des cas très spécifiques comme la protection d’infrastructures sensibles à forte valeur patrimoniale. Parmi les entreprises n’ayant pas recours à la biométrie, une grande majorité (59% des 50 sociétés) n’a même pas envisagé le recours à ces techniques et 24% l’ont un temps envisagé avant de décider de ne pas y avoir recours.
Des résultats qui peuvent étonner à une époque où les entreprises sont confrontées à toutes sortes de menaces (piratages, fraudes diverses, espionnage industriel…). Rien de surprenant toutefois que les entreprises basées dans l’Hexagone demeurent rétives à l’intrusion de ces moyens de contrôle des personnels si l’on en juge par les raisons invoquées par les entreprises pour justifier de la non utilisation de systèmes biométriques. Essentiellement des problèmes d’éthique et d’acceptation par le personnel (en France particulièrement) et surtout par la CNIL (commission nationale informatique et libertés) qui veille au grain; et hormis le coût, les contraintes liées à la mise en place “complexe et d’une efficacité pas toujours pertinente” précisent les analystes qui pointent aussi la rapide obsolescence de certains systèmes
Claude A.Frison
(source enquête CDSE 2008, illustrations Biometric Group, Cité des Sciences)
Les contraintes juridiques
La législation française soumet l’utilisation des systèmes biométriques à la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative aux fichiers et aux libertés, et à la loi informatique et liberté de 2004. Ces techniques permettent un traitement de données à caractère personnel. Leurs mises en œuvre sont soumises à l’autorisation préalable de la commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) afin de garantir au public qu’il n’y a pas d’atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles ou publiques. Important de préciser qu’il n’existe aucun « label CNIL » ou d’agrément pour quelques dispositifs que ce soient comme ont pu l’affirmer certains prestataires de sécurité3. D’une manière générale, la Commission considère que le recours à un dispositif reposant sur la reconnaissance des empreintes digitales, dès lors que ces dernières sont enregistrées dans une base de données centralisée ou située sur le terminal de lecture comparaison, ne saurait être justifié qu’en présence d’un fort impératif de sécurité. En revanche, elle favorise l’utilisation de techniques biométriques « sans trace », telles que la reconnaissance tridimensionnelle du contour de la main ou la reconnaissance du réseau veineux du doigt. De même, la CNIL a pu autoriser la mise en œuvre de dispositifs de contrôle d’accès qui n’étaient pas justifiés par un fort impératif de sécurité, dès lors qu’ils reposaient sur l’enregistrement du gabarit de l’empreinte digitale dans un support individuel exclusivement détenu par la personne concernée, tel qu’une carte à puce. Plus sur www.cnil.fr

12 septembre 2008 Posté par Claude Frison | Ressources Humaines | , , , , | Pas encore de commentaires

Assises Internationales du Journalisme

La troisième édition des Assises Internationales du Journalisme se tiendra à Lille les 1er, 2 et 3 avril 2009
37 000 journalistes environ travaillent dans les médias français. Des médias aux réalités et aux contours très divers : presse écrite, radio, télé, trilogie à laquelle il convient d’ajouter aujourd’hui le Net comme média à part entière. Presse locale, régionale, nationale ou internationale. Presse d’opinion ou (et) d’information. Presse payante, presse gratuite. Presse privée, secteur public. Presse technique ou presse de loisirs. Presse magazine aux innombrables « niches »…
Une diversité qui conduit à un morcellement des problématiques, à une forme de tribalisation dans les pratiques comme dans les modèles économiques ; à une très grande disparité dans les formations, les carrières comme dans les approches du métier. Sans parler de toutes les professions connexes sans lesquels ces médias, quels qu’ils soient, n’existeraient pas.
Contacter Jérôme Bouvier (président)

10 juillet 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | Pas encore de commentaires

Conseil de presse : avis favorable de la FFAP

La Fédération française des agences de presse (FFAP) vient de décider de soutenir l’idée de la création d’un “Conseil de presse en France”.

Selon le site d’information Médiapart qui en publie texte et commentaires (le CPNA ne diffuse ici que des extraits, le texte intégral étant consultable sur le site de Médiapart), dans les grandes lignes, ce Conseil, instance indépendante constituée d’éditeurs, de journalistes et de représentants du public, aurait essentiellement pour but de « protéger la liberté de la presse et protéger le public contre les abus de cette liberté ». Il serait aussi un observatoire des pratiques professionnelles et pourrait mener des actions pédagogiques à destination des professionnels comme du public. Lire la suite…

8 juillet 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | | Pas encore de commentaires

Social networking : IBM ausculte le web 2.0

IBM vient de faire interroger une centaine de cadres bien ciblés sur leur perception du web 2.0 en entreprise. Objectif : évaluer la perception de ces outils en milieu professionnel…

Si l’on en croit les principaux enseignements de cette étude conduite en mars 2008 par Jemm Research (*) pour le compte d’IBM, les blogs, les sites communautaires et les fils de syndications en temps réel (RSS) sont maintenant bien associés au Web 2.0. Dans le cadre d’un usage professionnel, les outils collaboratifs (email, messagerie instantanée, fichiers partagés) s’avéreraient aujourd’hui “indispensables”. Et d’ajouter que les outils communautaires le deviendront aussi dans les deux ans…
En matière de “social networking” précisément, avec un cran de retard sur le monde anglo-saxon, le monde des entreprises françaises commence donc à s’intéresser aux réseaux sociaux (Viadéo, Linkedin, Xing…) vulgarisés par l’Internet “grand public”. Etudier même “comment capitaliser” sur ces nouveaux modes communautaires et collaboratifs issus des concepts du Web 2.0. Le réseau Viadeo s’avèrant de loin le plus connu dans l’Hexagone. Suivi de Facebook, IBM et… Second Life (Linden Lab).
Par parenthèse, SL qui, même si sa fréquentation est en forte chute auprès du grand public, demeure un outil de communication utilisé par de grandes entreprises comme… IBM, dont IBM France, avec des ingénieurs affectés à son développement (voir les articles publiés par Presshightech sur Big Blue, en matière de communication d’entreprise et de formation en mode “virtuel”). Des entreprises (Dell aussi) qui n’ont pas hésité à y investir plusieurs millions de dollars.
En revanche, selon l’étude, en matière de pur “podcasting”, Dailymotion ou YouTube ne sont apparemment pas utilisés par les professionnels. De quoi étonner quand même, puisque par exemple, YouTube propose plus de 8 000 vidéos professionnelles à partir du mot-clé “IBM”, plus de 9 000 sur “Oracle” et autant pour “SAP”…
Les outils dits “évolués”, tels que les partages de liens et la gestion des flux RSS (essentiellement), ne sont connus quant à eux que par une minorité de cadres. Une moitié d’entre-eux sont inscrit dans un réseau social et indiquent participer régulièrement à un forum. Mais, il ne se dégage pas de participation active aux “communautés” (la règle des 90% d’utilisateurs passifs, 9% de sporadiques, 1% d’actifs dans les communautés est confirmée par l’étude). Comme le constate Jemm Research, l’écriture d’un blog entrerait “en concurrence avec l’activité professionnelle”. De fait, toujours selon l’étude, les départements des ressources humaines “ne s’impliqueraient pas dans ce mouvement”, qui induit un important “changement” dans les organisations. Celles-ci devant l’accompagner, et donc le budgéter.
Les résultats révèlent aussi que l’utilisation d’autres outils tels que les wikis et les tags (étiquettes) sont encore moins connus. “Chronophages”, “sujets à caution”, les blogs et les wikis ne seraient pas considérés comme indispensables par les cadres interrogés dans l’enquête. On notera que les doutes émis (légitimement) viennent du manque de transparence en matière d’identification des sources d’infos. Il est vrai qu’hormis les blogs et wikis ultra-spécialisés, consacrés à des technologies spécifiques intéressant une communauté précise, le Net fourmille de “papiers”, voire de publi-reportages institutionnels, habilement rédigés sous des atours d’information.
Dernier enseignement enfin, dans les grandes entreprises, dont les collaborateurs ont été sondés par Jemm Research, ce sont bien les plus jeunes collaborateurs qui utilisent ces genres d’outils. En bref, ceux qui travaillent en lien direct avec les clients ou privilégient un mode de travail plus collaboratif pour se faciliter la tâche.
(*) étude pilotée entre-autres par Christophe Toutlemonde, ex-Meta Group, 15 ans chez IBM, spécialiste du e-business et de l’intégration d’applications

5 juillet 2008 Posté par Claude Frison | Ressources Humaines | , , , | Pas encore de commentaires

Conseil de presse : avis favorable de la FFAP

La Fédération française des agences de presse (FFAP) vient de décider de soutenir l’idée de la création d’un “Conseil de presse en France”.

Selon le site d’information Médiapart qui en publie texte et commentaires (le CPNA ne diffuse ici que des extraits, le texte intégral étant consultable sur le site de Médiapart), dans les grandes lignes, ce Conseil, instance indépendante constituée d’éditeurs, de journalistes et de représentants du public, aurait essentiellement pour but de « protéger la liberté de la presse et protéger le public contre les abus de cette liberté ». Il serait aussi un observatoire des pratiques professionnelles et pourrait mener des actions pédagogiques à destination des professionnels comme du public.

Face à l’extraordinaire déferlement des sites internet participatifs, ce Conseil serait un moyen de distinguer des informations élaborées selon des règles strictes du reste des commentaires et opinions diffusés sur le Net. Et de renforcer ainsi la crédibilité de l’information élaborée par des journalistes professionnels. En quelque sorte le contrôle par la profession médiatique elle-même, de la surveillance et de l’application des règles déontologiques. Tel qu’il est envisagé, un tel Conseil de presse n’aurait rien à voir avec un conseil de l’ordre (comme pour les médecins ou les avocats). Ce serait plutôt une instance de médiation et de régulation et non de contrôle, car il n’interviendrait pas sur le fond des articles, mais sur le seul respect des règles éthiques, et seulement à postériori…

L’Association de préfiguration d’un Conseil de presse en France (APCP) avait rendu public son projet de Conseil français de presse lors des Assises internationales de journalisme de Lille qui ont eu lieu du 21 au 23 mai dernier.
(caf avec source Médiapart)

5 juillet 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | Pas encore de commentaires

Clusif : enquête sécurité 2008

Le Clusif vient de publier son enquête 2008 sur les pratiques de sécurité informatique en France

Avec cette enquête réalisée intégralement par Internet auprès de 1139 personnes issues de 354 entreprises de plus de 200 salariés, le Clusif (Club de la Sécurité de l’Information Français) a souhaité caractériser la population des internautes français, connaître les usages d’Internet par cette population et surtout évaluer leur perception de la menace informatique, des risques, et l’interroger sur ses pratiques en matière de sécurité.

Selon cette enquête, un tiers des internautes utilisent l’ordinateur familial aussi à des fins professionnelles (ce qui pose quelques questions sur la protection des données de l’entreprise comme nous l’avons déjà souligné dans plusieurs articles de presshightech, voir “PC vs libertés individuelles“). Les internautes se révèlent globalement prudents dès qu’il s’agit d’achat sur Internet, et semblent conscients de l’utilité des outils de protection (antivirus, pare feu personnels, etc.), et ne se sentent que pour une minorité d’entre eux véritablement en « insécurité » sur Internet.

Côté entreprise, quand des tableaux de bord de la sécurité existent, ils sont à destination majoritairement des DSI (58% des cas), de la direction générale (52%), du RSSI (37%), des directions métiers (18%), de la direction des risques (15%) ou du juridique (10%). Cette édition 2008 de l’enquête du Clusif fait ressortir un inquiétant sentiment de stagnation. Entre 2004 et 2006 des progrès notables avaient été fait, en particulier dans le domaine de la formalisation des politiques et des chartes de sécurité. Mais depuis, il semble bien que la mise en application concrète de ces politiques soit restée un voeu pieux. Selon l’enquête, 40 % des entreprises ne disposent toujours pas de plan de continuité d’activité pour traiter les crises majeures, contre 42 % en 2006. Et 30 % d’entre-elles disent ne pas être en conformité avec la Loi Informatique et Liberté (CNIL).

Dans les collectivités locales, les chartes de sécurité seraient davantage édictées pour se conformer à des usages réglementaires que pour devenir un élément important de la politique de sécurité de l’information (même si la proportion de chartes en cours d’élaboration est très significative : 18 % des collectivités). Pour ce qui concerne la sensibilisation des utilisateurs, des progrès majeurs resteraient à faire : seules 23 % des collectivités auraient lancé des actions dans ce domaine et 10 % s’y prépareraient. Comme conséquence de ces mauvais chiffres, les spécialistes du Clusif estiment “qu’il ne faut pas s’étonner du manque d’implication du personnel dans le suivi de la politique de sécurité” et que les RSSI (responsables des services de sécurité informatique) ressentent la réticence des utilisateurs et des services comme frein majeur dans la conduite de leurs missions.

Claude A.Frison (source enquête Clusif 2008)

3 juillet 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , , , | Pas encore de commentaires

Benoît Pavageau au CPNA

Mardi 1er juillet

Club de la Presse Nantes Atlantique

Benoît Pavageau
L’actuel directeur général des services de Nantes prend également la tête des services de Nantes métropole en succédant à Philippe Mahé. Il dirigera ainsi 6 600 agents et va jouer un rôle crucial sur le territoire de la métropole. Ce proche de Jean-Marc Ayrault expliquera devant le club de la presse en quoi consistera ce rôle aux compétences élargies et sera à la disposition des journalistes pour répondre à leurs questions… Rencontre : mardi 1er juillet de 12h30 à 14h au local du CPNA 6 rue Bisson

25 juin 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | 2 commentaires

Sociologie du travail

“J’ai (très) Mal Au Travail”

Sociologie / idéologie du travail de nos jours…
Un reportage magazine du réalisateur Jean-Michel Carré (1h20)
Extrait…

J’ai (très) mal au travail bande annonce
envoyé par rue89

21 juin 2008 Posté par Claude Frison | Ressources Humaines | , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Malwares malveillants

L’industrie des malwares se développe de façon exponentielle. Elle empoisonne le développement du web. La vente de codes “malveillants” devient un commerce à l’instar de simples kits anti-virus…

Pour la seule année 2007, de nombreuses pages de sites web auraient été modifiées grâce à quelques simples lignes de codes redirigeant les visiteurs vers des sites pirates (ndr : voir les articles de presshightech.com sur le phénomène du “phishing”). Un code de redirection ou d’ « iFrame » se présentant sous la forme d’un cadre d’un pixel contenant une double programmation vers le site du pirate. Le premier étant un “piégeur” d’infiltration de pages Web. Le second étant un « downloader » permettant d’implanter un programme que le pirate souhaite utiliser (porte “dérobée”, keylogger, robot, etc). Autre “moyen”, les “bots” qui sont des malwares permettant la prise de contrôle à distance de machines vulnérables afin de former un réseau d’attaque caché (ndr : “botnet” typiques des attaques de phishers). Le tout permettant de “spammer” ou bien de faire des attaques en “déni de service distribué”.
Selon François Paget (photo), chercheur en sécurité chez Mc Afee, ces outils d’attaque seraient en vente sur le Net sous la forme de petites annonces sur des forums spécialisés. De quelques centaines d’euros aux plus performants à 3000 dollars, ainsi MPack et WebAttacker (inet-lux.com), IcePack, d’origine russe… Limbo, MPack (DreamCoders Team), Nuclear Grabber (Corpse), Pinch (Coban), Power Grabber (privat.inattack.ru), etc.
Derrière ces outils d’attaque, les “têtes pensantes” seraient concentrées aux Etats-Unis, dans les pays de l’Est et en Chine. Avec dans chacun de ces pays, des groupes très hiérarchisés qui vendent à la fois l’outil et le service, et en cas de réaction, retournent la responsabilité de l’acte sur l’acheteur… un commerce comme un autre. Certains groupes sont maintenant connus : Cult of the Dead Cow, Russian Business Network (casinos virtuels et de la pédo-pornographie), Network Crack Program Hacker (connu pour avoir conçu le rootkit GinWui avec des membres spécialisés dans la suite Microsoft Office dont ils diffusent les vulnérabilités), Honker Union of China (avec 20 000 hackers estimés, connu pour ses attaques régulières de sites gouvernementaux et industriels aux Etats Unis, en Australie et en Nouvelle Zélande).
Lors du 2ème forum international de la cybercriminalité qui s’est tenu à Lille le 20 mars dernier, des participants ont parlé de 100 à 150 millions de machines infectées au niveau mondial, dont 60 000 PC infectés chaque jour en France…
Claude A.Frison (sources : Mc Afee / ITNews / Réseaux et Télécoms)

20 juin 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , , , , | Pas encore de commentaires

IBM Roadrunner

Roadrunner est le supercalculateur le plus puissant jamais construit. Fruit de six ans de recherche chez IBM, il vient de franchir la mythique barrière du petaflop, soit un million de milliards d’opérations à virgule flottante par seconde…

Il a coûté 120 millions de dollars et nécessité l’emploi de 200 ingénieurs et techniciens dans les départements de recherche de Big Blue. Roadrunner est installé au laboratoire national du département de l’énergie américain de Los Alamos. Il sera utilisé dans les domaines des tests d’armes nucléaires, du climat, de l’énergie et de la recherche fondamentale (voir la vidéo de présentation en anglais).

La prochaine étape devrait être le franchissement du cap de l’exaflop, soit un milliard de milliards d’opérations par seconde. Selon Jack Dongarra (photo), professeur d’informatique à l’Université du Tennessee, cet objectif pourrait être atteint voire dépassé en 2019.

Fiche technique : les capacités de calcul de Roadrunner donnent le vertige puisqu’elles dépassent de plus de deux fois celles du supercalculateur jusqu’alors le plus puissant, le système Blue Gene/L, également signé IBM et qui affiche quant à lui une puissance de calcul déjà non négligeable de 478 téraflops (596 téraflops en pointe). Dans le détail, ce résultat a été atteint par l’exploitation d’une architecture mixte, comprenant des machines AMD Opteron et des serveurs lame pourvus de processeurs Cell. Le tout fonctionnant sous Linux. Dans le détail, il aura fallu l’association de 6 948 processeurs bi-coeurs Opteron (3.474 serveurs IBM Blade Center LS21) et de 12.960 processeurs Cell (6.480 serveurs Blade Center QS22). Ces derniers ayant été initialement conçus pour les consoles Playstation 3… mais là, c’est pas du jeu.

13 juin 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , , | Pas encore de commentaires

Charte « confiance en ligne »

Face aux multiples dérives sur la Toile, le gouvernement tente d’imposer aux opérateurs de télécom et aux prestataires internet (fournisseurs d’accès et éditeurs de contenus), la signature, d’ici le 10 juin 2008, d’une charte dite sur la « confiance en ligne »…

Le document publié en exclusivité par le site PCInpact émane du ministère de l’Intérieur. A la lecture, il s’avère de fait lourd de conséquences pratiques pour les fournisseurs d’accès à l’Internet. Il s’inscrit dans le cheminement de la charte sur les “contenus odieux” de 2004 et les travaux du Forum des Droits de l’Internet afin de construire un internet “civilisé et sécurisé”. C’est Nicolas Sarkozy alors ministre d’État, ministre de l’Intérieur et Philippe Bas, ministre délégué à la Famille, qui avaient décidé de confier à une commission collégiale la gestion d’un label « confiance en ligne ». Cette charte a été présentée par Franck Louvrier (photo Le Figaro), l’omniprésent conseiller pour la communication et la presse à la Présidence de la République. Pour ses lecteurs au fait des derniers développements relatifs à l’évolution des pratiques sur le Net, Presshightech reproduit ici le texte de cette charte dans son intégralité.
La charte Confiance en ligne traduit la volonté du gouvernement de faire de l’internet un environnement le plus sûr possible pour tous les citoyens. Elle s’appuie sur une démarche volontaire des prestataires à prendre part au projet de construire la “civilité et la sécurité de l’Internet”. Dans le prolongement de la charte contre les produits odieux signée le 14 juin 2004, et les travaux au sein du Forum des droits sur internet, les signataires (fournisseurs d’accès, et opérateurs mobiles, fournisseurs de services en ligne et éditeurs) se conforment aux présents engagements sans que ceux-ci n’influent sur le statut juridique de chacun des acteurs de l’lnternet, au regard, notamment, de la loi pour la confiance dans l’économie numérique. Ces engagements s’inscrivent dans un cadre législatif et réglementaire existant en définissant les conditions de bonne application de ces textes par les acteurs de l’internet et les autorités publiques, en tenant compte des évolutions technologiques récentes. Les engagements présentés se conforment également aux récentes recommandations du Conseil de l’Europe adoptées lors de la conférence annuelle OCTOPUS 2008 en avril 2008.

Améliorer la sécurité de l’utilisateur

Mise en avant par les signataires sur leurs produits, home page et via des liens, d’informations et de contenus portant sur : les risques existants en matière de sécurité des données et des équipements (Virus, spywares, logiciels de connexion vers des numéros surtaxés, piratage de connexion, sécurisation Wifi…) ; les moyens techniques à la disposition des internautes pour s’en prémunir et la nécessité de les mettre à jour ; les conseils et bonnes pratiques existants afin d’éviter et de lutter contre le spam (ex. lien vers Signal Spam) ; une information sur les escroqueries et les risques émergents en modéré de délinquance économique sur internet (spam, phishing, captation du numéro de carte bancaire) ainsi que sur les outils permettant de lutter contre ces pratiques et les précautions à prendre en cas de saisie des informations bancaires.

Veiller à la sécurisation de l’équipement
Procéder à une démarche de veille active, sur les risques techniques émergents pour l’utilisateur ; mettre en place une démarche proactive de sécurisation des équipements par des mesures adaptées (ex : information, suspension, résiliation, blocage de certains ports…) auprès des clients mettant en jeu la sécurité du réseau. Préconfigurer les équipements fournis aux utilisateurs afin qu’ils atteignent un niveau de sécurité par défaut optimal selon l’état de l’art. Lutter contre le spam à travers une politique adaptée (filtrage, lien de signalement, application de quotas d’envoi…), en créant une adresse de type « abuse@ » et en participant activement au programme Signal Spam.

Apporter une information générale

Avec la mise en avant par les signataires sur leurs produits, home page et via des liens, de contenus portant sur : les risques d’exposition à des contenus préjudiciables et la procédure de signalement en mettant à dispositiorn les liens d’accès à l’ensemble des plates-formes de signalement existantes ; les enjeux liés à la sauvegarde des données personnelles ; les moyens techniques à la disposition des internautes pour s’en prémunir ; un descriptif des logiciels de contrôle parental et de leurs évaluations (logiciels FAI et en vente dans le commerce) ainsi qu’une aide à leur installation et configuration ; des conseils de vigilance (ex : guide).

Encadrer l’usage des services à travers une charte de l’utilisateur

Avec l’élaboration et la mise en avant par le signataire d’une charte de l’utilisateur reprenant : les règles de droit que tout auteur de contenu doit respecter ; les comportements et contenus autorisés ou interdits sur le service et rappelant les responsabilités en jeu, notamment pour les mineurs ; une sensibilisation et un encouragement à modérer les contenus pour les internautes créateurs de forums, blogs… ainsi qu’une information sur les moyens techniques adéquats. Avec obligation pour les internautes producteurs de contenus d’empêcher les mineurs d’accéder a tout contenu entrant dans le cadre de l’article 227-24 du Code pénal. La possibilité de prévoir contractuellement une modalité de suspension de la possibilité de publier, par des personnes autres que le créateur de l’espace, en l’absence de toute mise à jour, modification, intervention ou modération d’un contenu depuis trois mois; ainsi que l’existence de mesures de suspension ou de suppression de l’espace.

Engagements du signataire sur sa politique éditoriale…

Les espaces interactifs destinés aux mineurs sont contrôlés a priori. Les services et contenus manifestement destinés aux mineurs ne contiennent pas de publicités faisant la promotion de biens ou services inappropriés (ex. services de rencontres adultes, tabac, alcool) ou contraires à la recommandation « enfant » du BVP (bureau de vérification de la publicité). La publicité pour les contenus relatifs à l’article 227-24 du Code pénal ne sont diffusés que dans des zones « adultes » où l’accès des mineurs est fortement contrôlé par un dispositif efficace en fonction de
l’état de l’art. Les contenus entrant dans le cadre de l’article 227-24 du Code pénal ainsi que les liens hypertextes pointant vers de tels contenus ne sont diffusés que dans des zones « adultes n où l’accès des mineurs est fortement contrôlé par un dispositif efficace en fonction de l’état de l’art. Les espaces interactifs destinés aux adultes font l’objet d’un contrôle par un dispositif efficace en fonction de l’état de l’art.

Permettre un meilleur signalement de la part des internautes

Avec l’amélioration des procédures de signalement, mettre en avant une procédure de signalement claire, facilement accessible et compréhensible par l’internaute portant sur les contenus produits, diffusés ou hébergés par le signataire. Apporter une réponse rapide aux sollicitations reçues par ce biais et informer l’internaute sur l’existence du point de contact de l’AFA et la plateforme de signalement du Ministère de l’Intérieur. Se doter de procédures internes permettant de réagir correctement et en relation avec les autorités compétentes en cas de signalement de contenus ou de comportements illicites (avec objectif de labélisation…).

Participer à la politique de signalement…

Avec engagements du signataire sur sa politique de signalement : il signale aux autorités les contenus et comportements qui lui ont été notifiés susceptibles de relever des infractions visées aux cinquième et huitième alinéas de l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (1) et à l’article 22723 (2) du Code pénal. NDLR : (1) Apologie des crimes visés au premier alinéa, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des crimes et délits de collaboration avec l’ennemi. Provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’éqard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. (2) Représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique.
Le signataire de la Charte signale également, dans les mêmes conditions, les contenus et comportements faisant apparaître un risque immédiat pour la sécurité des personnes et des biens. Dans ce dernier cas, et lorsqu’il dispose des données pouvant contribuer à l’identification de l’auteur du contenu concerné, le prestataire accompagne le signalement de ces informations afin de pouvoir empêcher l’atteinte à l’intégrité physique de la personne qui lui a été signalée.

Le signataire s’engage à déférer dans les meilleurs délais aux réquisitions judiciaires…

Il s’efforce de permettre l’identification du titulaire d’une adresse de courrier électronique après réception d’une réquisition et de celui d’une adresse IP auprès du fournisseur d’accès à l’internet suivant la réception du document. Il s’efforce, pour les réquisitions et demandes officielles non standard, à apporter une première réponse (accusé de réception, indication du délai estimé de réponse à la demande, etc). Il s’engage à mettre en place un « service d’obligations légales » performant ou, en cas d’impossibilité, à désigner une personne responsable du traitement des réponses aux réquisitions judiciaires et capable, en cas d’urgence, d’initier le traitement de ces réponses. Ces données sont régulièrement mises à jour et communiquées aux “guichets uniques” mis en place par les services de police et de gendarmerie en liaison avec la délégation des interceptions judiciaires. Ces autorités s’engagent à assurer une mise à jour des coordonnées de ces “guichets uniques”.

Mieux participer au travail des autorités publiques en conservant et en transmettant certaines données…

Le signataire met en place, en application des dispositions législatives et réglementaires, une procédure de conservation et de transmission des données : ainsi il conserve toutes les données de connexion lorsque celles-ci sont nécessaires pour les besoins de la recherche, de la constatation et de la poursuite des infractions pénales. Il détient et conserve les données de nature à permettre l’identification de quiconque a contribué à la création du contenu ou de l’un des contenus des services dont il est prestataire. Ces données sont conservées un an. Dans le cadre de la communication des données de connexion, le prestataire communique tous les éléments d’identification en sa possession, conformément à la loi, permettant aux autorités de déterminer l’identité de l’internaute.

Mettre en place une démarche efficiente de retrait et de suspension ou de blocage de certains contenus…

Le signataire met en place une procédure de retrait et de suspension adéquate : ainsi il s’engage à retirer ou à suspendre promptement les contenus sur réquisition des autorités ou sur demande judiciaire. Lorsqu’il procède au retrait d’un contenu et le signale aux autorités, le signataire procède à la transmission d’une copie intégrale des données retirées et la conserve dans le format d’origine. Le signataire s’engage à restituer ou à rétablir les données dans le format dans lesquelles elles s’affichaient avant retrait ou suspension. Dans le cas des sites à caractères pédopornographiques, qui lui sont signalés par le ministère de l’Intérieur, les FAI s’engagent à bloquer l’accès à ces sites par les moyens techniques qu’ils estiment les plus appropriés.

8 juin 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , , , | Pas encore de commentaires

En silence, les journalistes !

Vendredi 30 mai, cinq photographes sont venus au Club de la presse raconter comment leur métier s’était dévalorisé depuis quelques années, les années Internet…

La rencontre avec une vingtaine d’adhérents et de partenaires du club avait pour thème les effets du web sur la photo de presse. Tout le monde s’est vite rendu compte que le web avait accéléré la spirale, mais que cette dégradation trouvait son impulsion ailleurs. De quoi parlaient nos photographes ? D’images volées, reproduites sans signatures, du dévoiement de la célèbre mention « DR », de salaires à la baisse pour ceux qui ont la chance d’être mensualisés, de la concurrence d’amateurs qui travaillent pour la gloire, de photos gratuites fournies par les services de com pour mieux contrôler l’image de leur produit, d’une tendance à uniformiser l’illustration, à ne plus chercher la qualité et, même à préférer des photos « bas-de-gamme », pour être plus proche du lecteur, dans une dérive populiste qui conduira bientôt les rédacteurs à écrire en langage SMS.

Et, face à ce mouvement, comment réagissent les professionnels ? D’abord en se protégeant de façon individuelle. Ce vendredi là, aucun membre d’une des « grandes » rédactions nantaises, à l’exception de France 3, ne s’était déplacé pour cette histoire de photographes pigistes (je devine le petit sourire entendu). Certains, les plus proches de la retraite, ressentent une forme de résignation. Pourtant, il n’y a pas de fatalité à voir s’enfuir les droits et la qualité. Dans dix ans, on aura assisté à un écrémage d’Internet.

C’est aux professionnels, aujourd’hui, de défendre le principe du droit d’auteur pour que le petit pourcentage d’éditeurs qui survivront ne soient pas les prédateurs les plus sauvages. L’autre combat est celui de la qualité, une stratégie gagnante à long terme. Encore faut-il trouver de quoi se nourrir en attendant la reconnaissance. Mais avec le web, tout va plus vite. Si aujourd’hui le public n’est pas plus que cela alarmé par le sort de la presse et moins encore de la presse sur le web, c’est parce qu’il est habitué y voir couler un robinet d’eau tiède. On ne peut pas accepter que notre production d’information ne suscite qu’indifférence. Il faut mettre le lecteur dans notre camp et le web me paraît un bon outil pour cela. (ill. photo Raymond Depardon par Eric Gaillard Reuters)

Yves Perennou

4 juin 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | 2 commentaires

Homo-informaticus cherche qualité de vie

L’impact des technologies sur la qualité de vie révèle un bilan contrasté. Le développement de l’informatique génère des nuisances voire des menaces sur lesquelles se penchent de nombreux scientifiques… le terme, au départ, correspond à la “satisfaction de besoins élémentaires quotidiens” : nourriture, accès à l’eau, qualité de l’air…

Anthropologues, biostatisticiens, psychométriciens, épidémiologistes, médecins, sociologues, psychologues, statisticiens et autres scientifiques interviennent dans les études sur la qualité de la vie. L’informatique est au cœur de la modélisation du vivant et contribue à l’évidence à l’amélioration de notre qualité de vie. L’apport de l’informatique est essentiel dans l’étude de ces besoins vitaux et de ceux de la santé. La simulation informatique s’impose peu à peu en biologie par exemple : la biologie intégrative simulant d’ors et déjà le fonctionnement d’organes vitaux, un peu comme l’on teste des maquettes sur ordinateur. Des logiciels modélisent le comportement de nos organes et les effets de médicaments sur des modèles virtuels (la modélisation du muscle cardiaque est la plus avancée). L’électronique contribue déjà à compenser des fonctions déficientes pour les handicapés (comme la vue, l’ouie, la parole). Bientôt sans doute, notre doublure informatique nous servira de cobaye et nous pourrons nous soigner sans même abandonner nos activités courantes.

Le concept s’est élargi maintenant à des notions de confort, de « bien-être », et de plaisir individuel, de nouvelles formes « d’écologie sociale » qui entrent dans le champs plus vaste de la réflexion en cours sur les relations entre l’homme et son milieu. Particulièrement du rapport « homme-machine » et de ses répercutions…

26 mai 2008 Posté par Claude Frison | Ressources Humaines | , , | Pas encore de commentaires

Italie : promotion culturelle sur SL

Des structures flottantes, quelques palmiers plantés ici et là, de luxueuses villas comme sur la Riviera. Nous sommes en Italie. Foisonnant mélange. Un peu Milan , un peu Capri. Bien en vue quelques lourds 4×4 rangés derrière une galerie commerciale. Des créatures qui font leur shopping pour dénicher des chaussures fines dessinées par des designers milanais. A la limite de l’île, une vaste zone bordant la mer, des panneaux épars plantés ici et là…

Assez discrètement, en mars 2007, le Ministère italien des Affaires Etrangères a ouvert son Institut culturel expérimental. Selon les termes employés par les initiateurs, cette institution virtuelle est sensée devenir la “vitrine” du Département de promotion culturelle du ministère de tutelle. Un département qui coordonne en réalité pas moins de 90 Instituts culturels italiens à l’étranger. A son actif, plus de 9 000 évènements organisés chaque année.

Les espaces modulaires sont en chantier permanent et les organisateurs s’activent autour des installations. De jeunes artistes bénévoles donnent un coup de main. Ils se déplacent en buggy. Amusant lorsque l’on sait qu’il est en principe plus rapide de se déplacer en usant de ces capacités de survol, voire de ces “landmarks” (points repères de géolocalisation). Le résultat est bluffant et beau. Les espaces modulaires surplombent la mer…

A voir, l’exposition On The Edge Of Vision qui présente des oeuvres d’artistes contemporains. La qualité des reproductions déjà accrochées en dit long sur le sérieux avec lequel la chose est envisagée. Les oeuvres contemporaines, tableaux et photos sont d’une réelle qualité (haute résolution). Mais Enrico Watanabe, le responsable du projet, assisté par Archimedix Bulan s’inquiète du vandalisme ambiant. Il a eu vent de ce qui se passe dans la zone française de Bretton Island (siège du comité de soutien de la candidate socialiste française). Les organisateurs craignent quelques manifestations d’opposants à ce site expérimental, voire d’aggressions lors des vernissages. Un peu exagéré sans doute. Mais, même vituelles, retrouver des toiles taguées ou des objets et autres particules actives sur le terrain dénoterait dans le paysage. Une plate-forme inédite sur Second Life qui devrait de toute façon donner un élan à la promotion de la création italienne : art contemporain, design, architecture et patrimoine culturel. A visiter sur Second Life (Eup 136, 136, 55). Tableau de Nicola Verlato “there is no place like home” huile sur toile, 2006

22 mai 2008 Posté par Claude Frison | articles | | Pas encore de commentaires

CNIL : publication du rapport 2007

Le sénateur Alex Türk , président de la CNIL, vient de présenter le rapport 2007 de la Commission Nationale Informatique et Libertés

La progression des recours auprès de la CNIL a connu une hausse exponentielle en 2007. Pour cette seule année, la CNIL a enregistré 4 455 plaintes (+25% par rapport à 2006), effectué 164 contrôles (+21%), adopté 395 délibérations (+32%), adressé 101 mises en demeure, prononcé 5 avertissements et infligé 9 sanctions. Ce qui paraît peu et les sanctions financières encore modestes : de 5000 à 50 000 € pour un total de 175 000 euros… raison invoquée : le manque de moyens; car même avec 2500 correspondants informatique et liberté (CIL) intervenant dans les entreprises et administrations françaises, de fait, la CNIL dispose de seulement 105 agents intégrés (une quinzaine devraient être embauchés avant la fin 2008). A titre de comparaison, l’équivalent britannique dispose de 260 agents, sans omettre que l’augmentation annuelle de ses moyens correspond en gros au budget total de la CNIL. Alex Türk s’est plaint de devoir sans cesse “tendre la sébile” aux pouvoirs publics (ndr: donc dans une situation de dépendance vis à vis d’un de ses principaux objets de contrôle). Rappelons que l’actuel président de la CNIL est un ex-RPR, maintenant sénateur divers droite du département du Nord…

Traçages

D’une part, une menace réelle réside dans la surveillance des individus par des moyens vidéo et de géolocalisation; des outils de captation dans l’espace qui, pour les détracteurs, mettent en danger la liberté d’aller et venir. D’autre part, l’Internet, expression concrète de la globalisation, permet un traçage dans le temps par la conservation et l’archivage des données sur les réseaux sociaux ou dans les moteurs de recherche. Le G29 (groupe des autorités européennes de protection des données), prône dors et déjà une réglementation des moteurs de recherche (google, yahoo…) et de certains réseaux tels que facebook, dailymotion, etc. “A ce jour, seulement 10 à 15% de la population mondiale bénéficie d’un niveau de protection correct de leurs données personnelles, puisqu’il faut exclure autant les Etats-Unis et le Japon que la Chine et l’Inde”, a regretté Alex Türk. Face à la perspective d’un constant traçage des citoyens, le président de la CNIL a indiqué avoir saisi Simone Veil, présidente de la commission en charge de rédiger un nouveau préambule à la Constitution, afin que “le droit au respect des données personnelles devienne une valeur constitutionnelle” a-t’il précisé dans sa déclaration.

Biométrie

Autre objet de critique, la polémique autour du passeport biométrique. “Il s’agit du premier fichier national de la population française fondé sur la biométrie et il pose donc des questions de principes. Ces questions auraient eu intérêt à être traitées par la voie législative au Parlement au lieu d’un simple décret (ndr: paru au JO le 4 mai 2008), d’autant que nous aurions pu ainsi anticiper sur la nécessaire loi concernant la future carte d’identité biométrique qui va nécessiter une loi débattue à l’automne au Parlement”, a précisé Alex Türk. Plusieurs reproches sont émis par la CNIL : choix de huit empreintes digitales au lieu des deux requises au niveau européen, création d’une base centrale des empreintes au lieu de bases régionales. (caf, photo source AFP – Eric Federberg) Télécharger le rapport de la CNIL

20 mai 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Spam : en chiffres

Pour échapper à la vigilance des logiciels de protection de messagerie électronique, un spam sur quatre abandonne la forme traditionnelle de texte pour l’image. Le volume total de spam est estimé à 87 milliards par jour selon les analystes.

L’activité du spam en quelques chiffres (spam : courrier électronique non désiré) : sur 130 milliards de courriers échangés dans le monde chaque jour, les deux tiers seraient du spam, soit environ 87 milliards. 50 % des courriers qui transitent par les FAI sont du spam . Selon une étude de Commtouch, 39 % des spams sont consacrés aux produits pharmaceutiques (Viagra, Xanax, etc). Toujours selon Commtouch, 25 % des spams proviennent de l’Europe de l’Ouest et 10 % seraient des spams de nature pornographique (caf avec sources Radicati Group, Commtouch)

19 mai 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , | Pas encore de commentaires

Adoption du projet sur la protection des sources (AP | 16.05.2008 | 00:18)

Les députés ont adopté jeudi 15 mai en première lecture le projet de loi sur la protection des sources des journalistes dans un contexte tendu par les récentes critiques de Nicolas Sarkozy et de ses proches contre les médias. La gauche, jugeant ce texte insuffisant, a voté contre…. lire la suite

16 mai 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | Un commentaire

Nicolas Sarkozy : extrait relatif à la protection des sources lors de la conférence de presse du 8 janvier 2008

Lors de sa première conférence de presse de l’année, le chef de l’Etat avait promis un texte permettant notamment “d’étendre au domicile privé des journalistes les garanties prévues pour les locaux d’entreprise de presse”.

Nicolas Sarkozy avait promis lors de sa première conférence de presse de l’année, le 8 janvier, un texte en 2008 sur la protection des sources des journalistes, souhaitant également des mesures pour améliorer la distribution de la presse écrite. “Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Chacun doit le comprendre, chacun doit l’accepter”, avait déclaré le chef de l’Etat. “En 2008, on fera ce texte” sur la protection des sources, qui doit permettre d’étendre au domicile privé des journalistes les garanties prévues pour les locaux d’entreprise de presse, avait-il promis, en réponse à une question de Mireille Lemaresquier (présidente de l’association de la presse présidentielle).

“Se donner les moyens d’avoir une presse distribuée”

“Il m’arrive d’être mitigé sur le respect d’une certaine déontologie professionnelle de certains de vos confères, je ne l’ai jamais caché et je l’assume”, avait déclaré Nicolas Sarkozy. Mais “je préfère les excès de la presse à l’absence de la presse”, avait ajouté le président. Nicolas Sarkozy avait, par ailleurs, estimé que “le premier problème” de la presse française était celui de la distribution de la presse écrite. “Le gouvernement est prêt à engager une concertation” avec la presse “pour se donner les moyens d’avoir une presse distribuée”, avait-il dit. “Le journal aujourd’hui n’est plus accessible”, avait lancé Nicolas Sarkozy, déplorant qu’il y ait “de moins en de moins de kiosques” et que “le portage coûte une fortune”. Le gouvernement de François Fillon est prêt “à aller très loin dans un “plan de modernisation de la distribution de la presse”, avait-il dit.

“Etre raisonnables et prudents”

Le président avait ensuite estimé que le second problème qui se posait à la presse était celui de sa “sous-capitalisation”, qui “ne permet pas aux organes de presse d’investir”. Il avait critiqué les “grandes déclarations un peu ridicules auxquelles nous avons assisté récemment sur la propriété de tel ou tel journal (…) “Que des gens qui ont des moyens investissent dans un journal, c’est une très bonne nouvelle”, avait-il dit. “On ne peut pas dire que la presse est une industrie et refuser d’avoir des actionnaires pour financer cette industrie”. Par ailleurs, alors qu’il était fait allusion aux deux reporters français prisonniers au Niger, Nicolas Sarkozy avait appelé d’une manière générale les journalistes à être “raisonnables et prudents”. “Par moment j’aimerais que certains soient prudents. Nous sommes obligés de prendre des risques pour aller chercher certains de vos confrères qui ont pris des risques qui n’avaient rien à voir avec l’exercice de leur métier, et qui sont simplement dus à une certaine légèreté”, avait-il dit. “Ce n’est pas parce qu’on est journalistes qu’on doit enfreindre la loi”, avait-il ajouté, soulignant qu’il avait été “chercher” des journalistes retenus au Tchad dans l’affaire de l’Arche de Zoé.

(caf extrait d’après nouvelobs.com du 11 février 2008)

16 mai 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | | Pas encore de commentaires

John-Paul Lepers sur la liberté d’expression des journalistes de terrain…

Le journaliste John-Paul Lepers sur la liberté d’expression des journalistes de terrain…

13 mai 2008 Posté par Claude Frison | Accès à l'information, Liberté de la presse, SNJ | | Pas encore de commentaires

Big Blue confirme sa présence dans SL

La messe des mondes virtuels organisée à New York les 3 et 4 avril derniers a été l’occasion pour IBM et Linden Lab de promouvoir une utilisation professionnelle de Second Life, confirmant ainsi leur collaboration, comme nous l’annoncions voici deux ans.

Les deux sociétés peaufinent le développement de solutions sécurisées de communication et de travail collaboratif via la plate-forme Second Life Grid (virtual world platform for business, education, nonprofit organizations and developers). L’objectif étant de permettre aux organisations et entreprises clientes de créer leurs propres espaces ou régions intra-SL (intranet virtuel), le tout hébergé sur les puissants serveurs de Big Blue. Reporter Friedkin

1 mai 2008 Posté par Claude Frison | Linden Lab, e-learning | | Pas encore de commentaires

IBM Linden Lab Second Life

Depuis que Big Blue s’est recentré sur les services, l’irruption de la firme de White Plains dans SL est logique. Et les choses sont allées grand train depuis que The Register annonçait les plans “secrets” de la firme dès septembre 2006. Et comme IBM ne fait pas les choses à la légère en matière de business system development, la jeune équipe du Linden Lab a d’emblée bénéficié de prestations à forte valeur ajoutée. Offertes même pour certaines en guise de bons procédés. IBM voit grand et utilise Second Life comme outil de formation pour un millier de ses salariés éparpillés sur la planète.

Notamment un système avancé de traduction en temps réel et des outils de visio conférence, indispensables pour mettre en relation les internautes du monde entier. IBM France est de l’aventure aussi. Les bases de déploiement furent lancées sous la houlette du boss des développeurs Ian Hughes, pour la circonstance parachuté Metaverse Evangelist entouré d’une escouade de beta-testeur dans un modeste chalet situé en plein centre du Monde SL. Les ingénieurs maisons s’en sont donnés à coeur joie en modélisation. Des expérimentations dont le Linden Lab va continuer à bénéficier pour maintenir sa croissance. Reporter Friedkin

ndlr : les dernières news sont accessibles via la colonne de tags à gauche, concoctée par obsnews second life… confirmé par l’Agence France Presse Philip Rosedale, fondateur de SL et de Linden Research Inc, cède la place à Mark Kingdon, ex-directeur général d’Organic Inc, une agence américaine de communication numérique

1 mai 2008 Posté par Claude Frison | Second Life business, articles, e-learning | | Pas encore de commentaires

Hoax oups avec hoaxkiller

On ne compte plus les messages non sourcés qui circulent sur le Net. Certains sont des hoax tranférés et retransférés par des collègues de travail, clients, amis, amis d’amis. La plupart de ces hoax présentent les caractéristiques de messages bien construits, argumentés, dont la crédibilité ne semble faire aucun doute…
Pointé par les spécialistes de Hoaxkiller.fr, le levier psychologique classique des hoax est la description d’une situation d’injustice. On l’a par exemple constaté en 2005 lors de la tragédie du Tsunami, avec une profusion de messages de solidarité face à de nombreuses disparitions dans les mois qui ont suivi. Dans un autre registre, cela peut monter d’un cran avec les fausses alertes virales. Des alertes « souvent complètement fictive mais nécessitant une réaction immédiate et toujours identique » (ndr: à savoir prévenir vos contacts en supposant que vous allez faire suivre le message d’un simple clic). Plus grave selon Hoaxkiller, certains hoax sont plutôt qualifiés de viroax, poussant les internautes à mettre en danger la sécurité de leur ordinateur en les incitant par exemple à supprimer un fichier sain appartenant au système d’exploitation (ou à une application courante). Le prétexte souvent avancé est que le fichier “pourrait être un virus”. Les consignes enjoignant alors l’utilisateur à vider illico presto sa corbeille, le laissant alors démuni, ne pouvant plus restaurer son fichier d’origine. Pour les éditeurs de Hoaxkiller, si un hoax arrive jusque dans une boîte de messagerie, c’est qu’il aura passé avec succès l’épreuve de la sélection naturelle et sera susceptible d’abuser n’importe quel internaute non averti. De là l’utilité d’un outil préventif contre ces hoax et autres viroax. (caf d’après hoaxkiller.fr)
Recommandations : par respect pour vos destinataires, ne pas faire suivre ce type de messages par simple tranfert, sans les scanner. Et comme précisé « prendre du recul et si nécessaire valider l’information auprès d’une source sûre, car le doute profitera toujours aux rumeurs et aux canulars ». En pratique : hoaxkiller est un module de vérification de sécurité des messages qui vous sont transmis. L’utilisateur saisit dans le formulaire quelques mots-clés parmi les plus significatifs d’un message douteux ou suspecté d’être un hoax, voire le message dans son entier (par copié-collé), puis lance la recherche. Le résultat s’affiche dans une fenêtre indépendante indiquant un taux de pertinence du message suspect (ndr : j’ai déjà testé son efficacité). A voir sur le site (sécurisé) hoaxkiller.fr, en suivant la visite guidée, ou en le testant sur notre propre site presshightech.com.

1 mai 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , , , , , | Pas encore de commentaires

Kits anti-viraux… vraiment utiles ?

Angoissé qu’il est par la crainte d’une contamination potentielle, l’utilisateur télécharge volontiers des programmes anti-viraux additionnels, même si leur installation constitue une surcouche parasitaire sur une protection déjà existante…
Dans une émission en direct sur France Inter, un auditeur agacé donnait voici peu la réplique à un représentant de Symantec venu défendre Norton Internet Security, suite à de mauvaises notes obtenues par cet outil dans des comparatifs (ndr: il n’est pas le seul). Critiquant les difficultés rencontrées avec ce kit qui bloquait son système de façon intempestive (impossible à désinstaller puis réinstaller correctement, etc…. Et de donner l’exemple d’un proche, informaticien de surcroît, qui n’utilisait plus aucun outil anti-viral depuis deux ans, sans problème apparent. Au ton de la voix, le communicant de ce par ailleurs estimable éditeur de logiciel semblait assez gêné par la remarque.

De fait, l’utilisateur doit savoir que le pare-feu intégré au système d’exploitation des PC est suffisant pour protéger l’internaute lambda. Une surcouche de protection risquant d’annihiler tout bonnement le fonctionnement du tout. Il vaut donc mieux fermer les pop-ups qui enjoignent de télécharger un applet gratuit pour mieux protéger votre chère bécane… car c’est souvent là que les problèmes commencent. Claude A.Frison

29 avril 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , | Pas encore de commentaires

Cryptage des données numériques

Les processeurs mis en cause

De quoi inquiéter les centraux bancaires et les officines d’e-commerce, des articles publiés dans la presse spécialisée suscitent quelques interrogations sur la fiabilité des processeurs de nos chères (…) bécanes…

Suite aux révélations de l’équipe conduite par le cryptologue allemand Jean-Pierre Seifert (ex-Intel, enseignant dans les universités d’Haïfa et d’Innsbruck), les fabricants de microprocesseurs seraient sur les dents. En cause, une technique d’espionnage au niveau du code machine qui reposerait sur un logiciel capable de récupérer la clé de cryptage SSL au cours même de la phase de calcul… les spécialistes apprécieront. Qu’il s’agisse de crypter, de signer ou de garantir l’intégrité de données numériques, d’après les expériences conduites par l’équipe de JPS, les processeurs de la quasi-totalité du parc informatique mondial seraient vulnérables et le commerce en ligne serait selon lui menacé, ainsi que tout ce qui permet la dématérialisation des échanges, fondée sur des applications faisant appel aux codes asymétriques (procédé utilisant une clé publique codant les données et une clé secrète pour les restituer). Il s’agirait même de la fin des algorithmes RSA et des clefs de chiffrement couramment utilisées (RSA, acronyme formé à partir des noms de ses créateurs : Rivest, Shamir et Adleman).
Pour de plus amples détails, nos lecteurs peuvent se reporter au research group “Mathematical Computer Science”, de la Johann Wolfgang Goethe-University (docs en allemand).

Dans le détail cette menace qui porte le nom d’analyse de prédiction de branche (BPA), nécessitait jusqu’à maintenant de très nombreux essais pour déduire de façon statistique la clé de cryptage (ce qui la rendait de fait impraticable). Dans une étude encore assez confidentielle, JPS décrit la façon dont il a pu (selon lui en une seule tentative) récupérer la quasi-intégralité d’une clé de cryptage de 512 bits (NDR : rappelons que ce type de cryptage consiste en une suite d’autant de 0 ou de 1 permettant de « brouiller » les données transitant par le Net afin de les rendre illisibles ; elle est donc couramment utilisée pour les transactions cryptées ; sachant que la plus grande clé publique faisait 640 bits ; sa décomposition en 2005, avait nécessité pendant trois mois, l’utilisation de 80 microprocesseurs cadencés à 2,2 GHz). Cette découverte fait figure de bombe, puisqu’elle ne ferait appel qu’à une seule lecture de code ; sa force résidant dans le fait que le processus de prédiction, fondamental pour accélérer les performances du processeur, ne serait pas vraiment protégé. Selon lui, le mode de fonctionnement même de la puce, optimisé pour accélérer les calculs, la rendrait vulnérable. « La sécurité a été sacrifiée au bénéfice de la performance », estime le chercheur. Une « taupe » (logiciel) pourrait donc « écouter » la puce en toute discrétion, et renvoyer la clé par exemple à des hackers, voire à des services de renseignement ou à des concurrents potentiels. Sous couvert d’anonymat, des spécialistes de cryptographie confirment le sérieux de la menace sur les systèmes à clé publique : « La solution réelle serait de revoir la conception même de nos microprocesseurs… une solution de court terme serait de ne pas permettre que des applications sensibles tournent en parallèle avec des opérations standards sur un même ordinateur, ce qui est plus facile à dire qu’à faire dans un environnement de travail classique… il reste des remèdes partiels, mais ils impliquent de ralentir considérablement le fonctionnement des PC ».

La polémique avait même fait rage entre observateurs. Selon l’hebdomadaire Le Monde Informatique (LMI, publication d’International Data Group, éditeur de Computer World), le quotidien le Monde « faisait saigner la tomate » à propos d’une technique potentielle qui permet de récupérer les clés de cryptage au cœur des processeurs. Pour cet hebdomadaire spécialisé « il est hautement regrettable que la sécurité des systèmes d’information, qui concerne effectivement l’ensemble des citoyens des pays industrialisés, soit encore traitée sur un ton alarmiste et superficiel, entretenant une défiance diffuse et, plus grave encore, le fatalisme ambiant et l’apathie juridique qui en découle, le tout garantissant l’impunité des responsables des causes réelles et sérieuses des milliards d’euros ou de dollars volés chaque année, en particulier les banques et les détenteurs d’informations personnelles qui ne sont toujours pas tenus, en France, d’alerter les victimes potentielles à la suite d’une effraction de leur système d’information, et l’on ne s’y prendrait pas autrement si l’on voulait, sciemment, désinformer une population tout entière pour lui faire supporter les frais d’une dématérialisation des échanges conduite au seul profit des intermédiaires financiers ». Les résultats des travaux de Jean-Pierre Seifert avaient été publiés lors de la conférence RSA, début 2007. Claude A.Frison

28 avril 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , , , , , | Pas encore de commentaires

La méthode de l’épuisette

Trop méconnue des internautes

Ce type de cybercriminalité est maintenant classique. Le procédé est parfaitement connu des spécialistes, enquêteurs et experts en sécurité informatique. Mais il est bien difficile de lutter contre l’ampleur du problème, car le tableau est à entrées multiples.

Les conséquences du phishing n’inquiètent pas que les banques. Le phénomène touche les achats et les jeux en ligne, voire des guichets administratifs. La recette est simple. A l’instar des méthodes de recrutement utilisées en matière de trafic de stupéfiants, les escrocs utilisent des mules pour brouiller les pistes et ne pas indiquer leur propre identité bancaire. L’objectif est d’empêcher la police de remonter toute la filière. Pour les « mules », le travail demandé n’est pas bien compliqué. Il suffit de consulter plusieurs fois par jour sa messagerie électronique. Dès qu’un mail lui signale qu’un virement a été fait sur son compte, il effectue un transfert vers un compte de la société en question. En échange de ce service, selon le Club de la sécurité des systèmes d’information français (Clusif), il toucherait 5 à 10 % des sommes transférées. Malgré tout, les montants unitaires seraient assez faibles, à cause notamment des plafonds instaurés par les banques en matière d’opérations en ligne. Mais selon le Clusif, ce business rapporterait quand même jusqu’à 3 K€ par mois à certains internautes.

L’arnaque repose donc essentiellement sur l’imprudence d’internautes pas toujours aguerris aux pratiques en vogue sur la toile ; on pense notamment aux retraités qui depuis quelques années boursicotent sur le Net pour arrondir leurs pensions, ou bien encore aux ados qui surfent le soir du fond de leur lit sur leurs sites favoris, et achètent en ligne (musique, VOD, vêtements à la mode, gadgets…) accrochés par tel ou tel pop-up les enjoignant de se rendre ici ou là pour vérif. Au bureau, dans le feu de leur journée passée devant la bécane, les internautes peuvent de plus en plus difficilement faire la différence entre le site qu’ils visitent régulièrement et une page d’accueil vers laquelle ils sont redirectionnés à leur insu, dans la plupart des cas par le biais d’un mail anodin. Qui donc peut affirmer examiner chaque mail à la loupe. Même s’ils sont des surfers avertis, une page d’accueil reconstituée quasi à l’identique par des mauvais farceurs (logos, copyright, popups publicitaires, nom du client en en-tête…) peut échapper à leur attention. Surtout en situation de stress au travail. Prudence donc, surtout lorsque l’on reçoit dans sa messagerie un formulaire en apparence tout à fait officiel.

On peut légitimement s’inquiéter de la montée en puissance des cyber-lobbies agissant sur la toile. Les mafias, russes ou autres, qui en tirent souvent les ficelles, notamment par le biais d’anodins messages provenant de pays africains et latino-américains. Des réseaux mafieux chinois aussi, particulièrement par le biais de sites destinés à des parieurs en ligne : bookmakers sportifs, paris sur des championnats de football en Europe, paris hippiques, casinos en ligne. Les plus naïfs se laissent attirer vers d’autres lieux, voire commencent à trop dévoiler leurs penchants, avouables ou non, auprès d’avatars communiquant sur des serveurs de messagerie instantanée intégrés aux sites.La piraterie par phishing ne concerne donc plus seulement le simple quidam consultant son compte en ligne. Ce type d’escroqueries concerne aussi les passionnés de divertissements en ligne. Notamment avec le développement de sites de réalité virtuelle en 3D (type second life) avec la banalisation de la communication par avatars interposés aux comportements réalistes. Rappelons que la source des problèmes ne vient pas des créateurs et animateurs de ces sites, mais des escrocs qui s’y introduisent. Claude A.Frison

28 avril 2008 Posté par Claude Frison | Sécurité informatique, Travail, articles Claude A.Frison, cryptage, dossiers, internet, phishing | | Pas encore de commentaires

Phishing

massiv attack

Les opérations de phishing se multiplient. Et ce malgré les alertes émises par les administrateurs gérant les transactions de leurs clients. Des internautes même avertis se laissent encore prendre au piège. Les banques ne sont pas les seules concernées par ce phénomène. Dans tous les secteurs, les pays à fort taux de connexions sont touchés par les agissements de circuits mafieux. Dernier exemple connu, durant trois mois, des pirates ont débité 250 comptes chez Nordea (banque suédoise comptant 2 millions de clients). Butin, environ 800 000 euros restitués depuis aux victimes. Depuis l’automne dernier, l’enquête policière a permis d’interpeller une centaine de petits malins recrutés via le Net. Les enquêteurs sont remontés jusqu’aux commanditaires situés en Russie, opérant via des serveurs nord-américains. Autre exemple du même type, le démantèlement début 2006 d’un réseau franco-russe de détournements de fonds. Des internautes français avaient réussi à pénétrer les comptes bancaires d’une soixantaine de leurs compatriotes. Bilan de l’opération pirate : 200 000 euros détournés. Encore une fois les commanditaires de l’opération étaient russes, agissant via une société fictive aux états-Unis. En bref, ils proposaient à des internautes français de recevoir sur leur compte l’argent détourné. Des mules, mais pas des ânes, puisqu’ils percevaient de 1 à 5 % de commissions sur les sommes détournées, une fois avoir reviré le butin récolté vers la tête du réseau. On ne peut pas leur jeter la pierre, les sites bancaires figurent logiquement parmi les plus sécurisés. Mais il est difficile d’obtenir des statistiques précises. Celles-ci ne communiquant que très peu sur ce sujet, on les comprend. Sans doute de peur de dissuader leurs clients d’utiliser leurs guichets en ligne. Des services payants, qui représentent une manne financière constante, non négligeable au bilan. Claude A.Frison

28 avril 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , , , , , | Pas encore de commentaires

Passwords harvesting fishing

Pêche aux mots de passe
Étymologiquement, le terme de « phishing » vient de l’expression anglaise « passwords harvesting fishing » (pêche aux mots de passe), utilisée à l’époque des premières attaques de ce type sur les serveurs d’America Online. En français, il est communément traduit par « hameçonnage ». La technique consiste à faire croire aux internautes qu’ils reçoivent un mail de la part d’un site de confiance qu’ils consultent fréquemment. Une page parfaitement imitée les enjoint à compléter une simple case d’identification par mot de passe, pour authentification. Une fois entré et validé, le tour est joué. A l’insu du particulier, en un éclair, l’attaquant peut se connecter sur la page du client et obtenir des renseignements personnels.
Plus grave est la situation quand le pirate, flanqué de ses cyber-acolytes parvient à installer sur le poste client un virus de type troyen (exemple haxdoor.ki). A noter qu’un simple cookie peut contenir ce type de programme. Il s’ajoutera à la base du registre au démarrage du système d’exploitation, se propageant là où il est sensé aller. Une manip d’autant plus facile que beaucoup d’internautes modifient les paramétrages de leurs pare-feux, voire désactivent les contrôles de cookies et de scripts à l’accès, ceci afin d’accélérer la rapidité de leur système, excédés qu’ils sont par les ralentissements que leur fait subir leur programme antiviral. Claude A.Frison

28 avril 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , , , , , | Pas encore de commentaires

pc versus liberté individuelle

Le réseau, outil de travail collaboratif pour ses utilisateurs, se heurte à l’arsenal de lois sur la protection des personnes sur leur « lieu » de travail. Par exemple pour les télé-travailleurs, de plus en plus nombreux dans les grandes entreprises. Un vrai casse-tête pour les DRH et les DSI.

Vie de bureau et sécurité informatique

Les deux ne font pas toujours bon ménage. Les services web utilisés pendant les heures travaillées posent des problèmes exponentiels aux entreprises vis à vis de leurs employés, aussi citoyens et consommateurs. Le Net est un média dont on peut difficilement restreindre l’usage tant il est devenu incontournable pour les individus dans leur environnement quotidien. Aussi bien dans leur façon de communiquer que de consommer de l’information de toute nature. Dans toute activité, industrielle ou tertiaire, une info périphérique au job peut s’avérer stratégique pour le salarié et ses collègues (prévisions de restructurations, blogs syndicaux).

Anecdote classique : pour l’avoir appris à la cafète d’un collègue trop bavard travaillant à l’informatique, on peut vite en savoir assez pour surfer tranquille. Par exemple, contrairement à la protection du réseau contre les attaques extérieures, les contrôles effectués sur les connexions utilisateurs se limitent à de ponctuelles sondes d’intrusion. Sauf instruction express de la part du service informatique, rien n’empêche en principe d’installer un navigateur parallèle sur son ordinateur de bureau pour des usages privés (messagerie, consultation bancaire). Pour échapper un tant soit peu à certains traçages automatisés, mieux vaut donc utiliser des outils open source plus « sécurisés » dans ce domaine que les logiciels dont sont équipés la plupart des entreprises contractant des licences avec le géant de Redmond…

Qu’en est-il des connexions personnelles depuis son poste de travail : effectuer ses opérations bancaires à distance et ne pas avoir à se déplacer; de même pour les achats courants, dégoter le dernier gadget high-tech au moindre prix, tout le monde connaît cela. Banalement pour des téléchargements de fichiers de musique et de films en VOD, communication avec des tiers à titre particulier. Parfois aussi jouer en ligne pour se détendre, à l’insu de sa hiérarchie. Mais aussi visites fortuites de sites licencieux, révisionnistes, terroristes. Il est quasi inévitable que des collaborateurs utilisent leur connexion de façon dite inappropriée par simple curiosité souvent. Difficile d’effacer toutes traces de ces visites. Des faits très courants en pratique, qui soulèvent de nombreux problèmes.

Du point de vue des dirigeants, outre que tout celà occupe de la bande passante à charge, certains téléchargements peuvent déboucher sur des litiges en matière de droits d’auteurs, voire engager l’entreprise au niveau pénal. Sur le plan du droit, en vertu du code pénal, l’entreprise et ses dirigeants en tant que représentants légaux, peuvent être poursuivis pour complicité ou recel (même si l’utilisation malveillante s’est faite à leur insu). Les sanctions encourues pouvant aller de l’amende lourde, jusqu’à des peines d’emprisonnement. D’où l’intérêt pour les entreprises de se prémunir contre les agissements de collaborateures étourdis. La précaution consiste à filtrer les sites jugés illicites en s’appuyant sur des applications spécialisées. Ce qui est jugé « illicite » devant (en principe) être discuté entre l’entreprise et le CE. Claude A.Frison

Techniquement les solutions existent pour contrôler les flux d’informations échangées par les salariés. Des serveurs d’interception de requêtes internes qui vérifient automatiquement la conformité des échanges avec la politique de sécurité maison. Dans le détail, le filtrage d’adresses (URL) se fait en utilisant des logiciels de sécurisation bien connus (de type websense, secure compu­ting, surfcontrol) ; aussi des contrôles de transferts des flux analysés (tcp, http, https, socks, dns, ftp). De même pour les protocoles de messagerie instantanée (windows messenger, aol, yahoo).

28 avril 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | , , , | Pas encore de commentaires

Liberté de la presse : un caméraman expulsé "manu militari"

10 avril dernier, un reportage tourné pendant le parcours de la flamme olympique lors de son passage à Paris. Un caméraman qui travaille pour France 2 et CAPA est expulsé manu militari du pool presse par des policiers français… visiblement (écoutez bien) aux ordres de la délégation chinoise… alors qu’il avait toutes les autorisations. C’était dans Envoyé Spécial de Françoise Joly et Guilaine Chenu, repris par Morandini… ça dure 3 mn… no comment… (ndr : y-a-t’il péril jaune en la demeure pour les journalistes… ça promet du sport aux JO :-))

18 avril 2008 Posté par Claude Frison | Non classé | | Pas encore de commentaires

E-learning : la seconde vie de Big Blue

De l’e-learning à l’échelle planétaire. Depuis que Big Blue s’est recentré sur les services, l’irruption de la firme de White Plains dans Second Life est somme toute logique. IBM voit grand et utilise déjà Second Life comme outil de formation pour un millier de ses salariés éparpillés sur la planète. IBM ne fait pas les choses à la légère en matière de BSD (business system development). La jeune équipe de Philip Rosedale du Linden Lab a d’emblée bénéficié de prestations à forte valeur ajoutée (offertes pour certaines en guise de bons procédés). Notamment un système avancé de traduction en temps réel et des outils de visio-conférence, indispensables pour mettre en relation les internautes du monde entier (IBM France est de l’aventure aussi). Les choses sont allées grand train depuis que The Register annonçait les plans “secrets” de la firme en 2006. Pour info, les bases de déploiement furent lancées sous la houlette du boss des développeurs Ian Hughes, pour la circonstance parachuté Metaverse Evangelist entouré d’une escouade de beta-testeur dans un modeste chalet situé en plein centre du Monde SL. Les ingénieurs maisons s’en sont donnés à coeur joie en matière de modélisation. Des expérimentations dont le Linden Lab devrait continuer à bénéficier pour tenter de maintenir sa croissance. Claude A.Frison

18 avril 2008 Posté par Claude Frison | Ressources Humaines | , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Sipa-Ouest-France

Nouveau coup dur pour la PQR

Le groupe Ouest-France a décidé cette semaine d’arrêter la parution de Vendée Matin fin juin et envisage de fermer deux rédactions de Presse-Océan à Ancenis et Chateaubriant. La vingtaine de journalistes concernés par cette restructuration aura le choix entre un reclassement dans les autres rédactions de Presse-Océan et au sein du groupe Ouest-France ou à un départ négocié.

Avant de prendre cette décision radicale, le groupe de François-Régis Hutin a bien tenté de redonner une seconde chance au quotidien vendéen, mais en vain. Avec une perte de 3,7 millions d’euros cumulée par Presse-Océan et Vendée Matin en 2007, le groupe Sipa-Ouest-France a préféré jeter l’éponge. Si la fermeture d’un journal est toujours ressentie comme une menace sur l’avenir de la presse et dans ce cas précis sur la pluralité de la presse quotidienne régionale pointée du doigt lors du rachat de la Socpresse par Ouest-France, il convient aujourd’hui de se poser la question de la responsabilité de cet échec.

Les nouveaux dirigeants de Presse-Océan n’ont certes pas réussi à redresser la barre de l’un des plus vieux quotidiens nantais, mais quelles étaient leurs réelles chances de succès étant donné l’état de décrépitude avancée dans lequel les anciens propriétaires Socpresse et Dassault avaient abandonné le titre ?

Une dernière chance s’offre maintenant à Presse-Océan, recentré sur son périmètre historique, pour tenter de résister à la concurrence toujours plus vive des autres médias et notamment des journaux gratuits et autres sites d’informations sur Internet. Le club de la Presse Nantes Atlantique (CPNA) apporte tout son soutien au titre et à ses journalistes qui se battent quotidiennement pour maintenir un deuxième quotidien sur la métropole Nantes-Saint-Nazaire et l’ensemble de la Loire-Atlantique. Le CPNA espère que la nouvelle formule prévue pour début 2009 et élaborée par Dominique Luneau, rédacteur en chef et nommé directeur général délégué de Presse-Océan, séduira un lectorat soucieux de préserver le pluralisme de la PQR (Presse quotidienne régionale).

Fabienne Proux, Présidente du club de la presse Nantes Atlantique

Le CPNA prévoit d’organiser dès que possible une rencontre sur le thème du pluralisme de la PQR. La date et le lieu seront indiqués sur le site très prochainement. Par ailleurs, la rubrique « Expressions libres » du site est à la disposition des adhérents pour faire part de leurs commentaires.

Pour réagir à ce communiqué cliquer ici

Les radios nantaises en parlent… sur France Bleu Loire Océan, Laurent Huou, représentant syndical à Presse-Océan, invité le jeudi 10 avril (interview sur http://www.radiofrance.fr/chaines/france-bleu/?tag=Loire Sur Fidélité Nantes, Dominique Luneau, directeur général de Presse-Océan, invité le mardi 15 avril à 8h30 et 12h10. Plus d’info, sur http://www.radio-fidelite.com/

15 avril 2008 Posté par Claude Frison | éditos | | Pas encore de commentaires