Biométrie : les contraintes du tout sécuritaire
Le CDSE (Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises ) vient de réaliser une enquête portant sur l’utilisation de systèmes de contrôle d’accès biométrique auprès de 50 directeurs sécurité d’entreprise
Selon le CDSE, il y aurait bel et bien une réticence à l’utilisation de ces systèmes. Pour les analystes, la réalité du marché biométrique serait très éloignée de l’image que l’on pourrait s’en faire et des fantasmes véhiculés par ce que certains auteurs appellent la « frénésie sécuritaire » (allusion à un ouvrage de Laurent Mucchielli, “La frénésie sécuritaire : retour à l’ordre et nouveau contrôle social”, Editions La Découverte, Paris 2008).Pour rappel, derrière le vocable « biométrie » se cache une variété de techniques permettant à la fois l’identification et l’authentification des individus. D’une façon générale, un système de contrôle biométrique est un système automatique de mesure basé sur la reconnaissance de caractéristiques propres à l’individu. La biométrie permet l’identification d’une personne sur les bases de données reconnaissables et vérifiables. On distingue trois catégories de technologie biométrique. Il y a l’analyse biologique (odeur, sang, ADN…), l’analyse comportementale (dynamique d’une signature, la voix, la démarche…) et l’analyse morphologique (empreintes digitales, traits du visage, dessin du réseau veineux de l’œil …).
D’après l’étude, les techniques de sécurisation utilisant la biométrie sont encore loin de devenir l’élément clef des systèmes d’identification et de surveillance. En plus de constater que peu d’entreprises interrogées ont recours à ces systèmes (35% des entreprises interrogées utilisent un système biométrique à grande ou petite échelle), peu d’entre elles ont instauré ces techniques à l’ensemble de leurs infrastructures : 44% des entreprises ayant recours à la biométrie ont un système généralisé (soit moins de 15 % d’entre-elles). Pour l’instant les 66% d’entreprises qui utilisent la biométrie comme technique de sécurisation ne l’utilisent que dans des cas très spécifiques comme la protection d’infrastructures sensibles à forte valeur patrimoniale. Parmi les entreprises n’ayant pas recours à la biométrie, une grande majorité (59% des 50 sociétés) n’a même pas envisagé le recours à ces techniques et 24% l’ont un temps envisagé avant de décider de ne pas y avoir recours.
Des résultats qui peuvent étonner à une époque où les entreprises sont confrontées à toutes sortes de menaces (piratages, fraudes diverses, espionnage industriel…). Rien de surprenant toutefois que les entreprises basées dans l’Hexagone demeurent rétives à l’intrusion de ces moyens de contrôle des personnels si l’on en juge par les raisons invoquées par les entreprises pour justifier de la non utilisation de systèmes biométriques. Essentiellement des problèmes d’éthique et d’acceptation par le personnel (en France particulièrement) et surtout par la CNIL (commission nationale informatique et libertés) qui veille au grain; et hormis le coût, les contraintes liées à la mise en place “complexe et d’une efficacité pas toujours pertinente” précisent les analystes qui pointent aussi la rapide obsolescence de certains systèmesClaude A.Frison
(source enquête CDSE 2008, illustrations Biometric Group, Cité des Sciences)
Les contraintes juridiques
La législation française soumet l’utilisation des systèmes biométriques à la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative aux fichiers et aux libertés, et à la loi informatique et liberté de 2004. Ces techniques permettent un traitement de données à caractère personnel. Leurs mises en œuvre sont soumises à l’autorisation préalable de la commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) afin de garantir au public qu’il n’y a pas d’atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles ou publiques. Important de préciser qu’il n’existe aucun « label CNIL » ou d’agrément pour quelques dispositifs que ce soient comme ont pu l’affirmer certains prestataires de sécurité3. D’une manière générale, la Commission considère que le recours à un dispositif reposant sur la reconnaissance des empreintes digitales, dès lors que ces dernières sont enregistrées dans une base de données centralisée ou située sur le terminal de lecture comparaison, ne saurait être justifié qu’en présence d’un fort impératif de sécurité. En revanche, elle favorise l’utilisation de techniques biométriques « sans trace », telles que la reconnaissance tridimensionnelle du contour de la main ou la reconnaissance du réseau veineux du doigt. De même, la CNIL a pu autoriser la mise en œuvre de dispositifs de contrôle d’accès qui n’étaient pas justifiés par un fort impératif de sécurité, dès lors qu’ils reposaient sur l’enregistrement du gabarit de l’empreinte digitale dans un support individuel exclusivement détenu par la personne concernée, tel qu’une carte à puce. Plus sur www.cnil.fr
Biométrie : les contraintes du tout sécuritaire
Le CDSE (Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises ) vient de réaliser une enquête portant sur l’utilisation de systèmes de contrôle d’accès biométrique auprès de 50 directeurs sécurité d’entreprise
Selon le CDSE, il y aurait bel et bien une réticence à l’utilisation de ces systèmes. Pour les analystes, la réalité du marché biométrique serait très éloignée de l’image que l’on pourrait s’en faire et des fantasmes véhiculés par ce que certains auteurs appellent la « frénésie sécuritaire » (allusion à un ouvrage de Laurent Mucchielli, “La frénésie sécuritaire : retour à l’ordre et nouveau contrôle social”, Editions La Découverte, Paris 2008).Pour rappel, derrière le vocable « biométrie » se cache une variété de techniques permettant à la fois l’identification et l’authentification des individus. D’une façon générale, un système de contrôle biométrique est un système automatique de mesure basé sur la reconnaissance de caractéristiques propres à l’individu. La biométrie permet l’identification d’une personne sur les bases de données reconnaissables et vérifiables. On distingue trois catégories de technologie biométrique. Il y a l’analyse biologique (odeur, sang, ADN…), l’analyse comportementale (dynamique d’une signature, la voix, la démarche…) et l’analyse morphologique (empreintes digitales, traits du visage, dessin du réseau veineux de l’œil …).
D’après l’étude, les techniques de sécurisation utilisant la biométrie sont encore loin de devenir l’élément clef des systèmes d’identification et de surveillance. En plus de constater que peu d’entreprises interrogées ont recours à ces systèmes (35% des entreprises interrogées utilisent un système biométrique à grande ou petite échelle), peu d’entre elles ont instauré ces techniques à l’ensemble de leurs infrastructures : 44% des entreprises ayant recours à la biométrie ont un système généralisé (soit moins de 15 % d’entre-elles). Pour l’instant les 66% d’entreprises qui utilisent la biométrie comme technique de sécurisation ne l’utilisent que dans des cas très spécifiques comme la protection d’infrastructures sensibles à forte valeur patrimoniale. Parmi les entreprises n’ayant pas recours à la biométrie, une grande majorité (59% des 50 sociétés) n’a même pas envisagé le recours à ces techniques et 24% l’ont un temps envisagé avant de décider de ne pas y avoir recours.
Des résultats qui peuvent étonner à une époque où les entreprises sont confrontées à toutes sortes de menaces (piratages, fraudes diverses, espionnage industriel…). Rien de surprenant toutefois que les entreprises basées dans l’Hexagone demeurent rétives à l’intrusion de ces moyens de contrôle des personnels si l’on en juge par les raisons invoquées par les entreprises pour justifier de la non utilisation de systèmes biométriques. Essentiellement des problèmes d’éthique et d’acceptation par le personnel (en France particulièrement) et surtout par la CNIL (commission nationale informatique et libertés) qui veille au grain; et hormis le coût, les contraintes liées à la mise en place “complexe et d’une efficacité pas toujours pertinente” précisent les analystes qui pointent aussi la rapide obsolescence de certains systèmesClaude A.Frison
(source enquête CDSE 2008, illustrations Biometric Group, Cité des Sciences)
Les contraintes juridiques
La législation française soumet l’utilisation des systèmes biométriques à la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative aux fichiers et aux libertés, et à la loi informatique et liberté de 2004. Ces techniques permettent un traitement de données à caractère personnel. Leurs mises en œuvre sont soumises à l’autorisation préalable de la commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) afin de garantir au public qu’il n’y a pas d’atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles ou publiques. Important de préciser qu’il n’existe aucun « label CNIL » ou d’agrément pour quelques dispositifs que ce soient comme ont pu l’affirmer certains prestataires de sécurité3. D’une manière générale, la Commission considère que le recours à un dispositif reposant sur la reconnaissance des empreintes digitales, dès lors que ces dernières sont enregistrées dans une base de données centralisée ou située sur le terminal de lecture comparaison, ne saurait être justifié qu’en présence d’un fort impératif de sécurité. En revanche, elle favorise l’utilisation de techniques biométriques « sans trace », telles que la reconnaissance tridimensionnelle du contour de la main ou la reconnaissance du réseau veineux du doigt. De même, la CNIL a pu autoriser la mise en œuvre de dispositifs de contrôle d’accès qui n’étaient pas justifiés par un fort impératif de sécurité, dès lors qu’ils reposaient sur l’enregistrement du gabarit de l’empreinte digitale dans un support individuel exclusivement détenu par la personne concernée, tel qu’une carte à puce. Plus sur www.cnil.fr