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La presse écrite et le défi du neuf

Par Fabienne Proux – présidente du Club de la presse Nantes Atlantique

Il n’aura échappé à personne que notre vieux Presse-Océan vient de se refaire une jeunesse, voire un sacré lifting. Tout y est passé : le format, les rubriques, le ton, voire le style. Finalement, il ne reste que le nom et les signatures. Nouveau départ ? Opération de la dernière chance ? C’est probablement un peu des deux et gageons que cette nouvelle formule plus moderne réussira à rajeunir le lectorat et séduire les nouveaux Nantais. Il faut dire qu’il y a de quoi se mettre de l’info … de proximité sous la dent : 50 pages quotidiennes (il va falloir tenir le rythme) dont une douzaine sur Nantes, la moitié sur Saint-Herblain, on en a pour son argent (0,85 centimes), même si les photos occupent un bon tiers de l’espace. Un peu de France-Monde, du sport, du loisir, même l’horoscope et des mots fléchés, reconnaissons que cette nouvelle formule est plutôt bien pensée et agréable à lire, même si certains lecteurs lui reprocheraient sa superficialité. Reste à savoir maintenant si elle suffira à sauver le journal et lui faire passer le difficile cap du XXIème siècle ?
Force est de constater que, aussi fragilisée soit-elle, la presse écrite ne ménage pas sa peine pour survivre à l’assaut de l’Internet et autre presse gratuite absorbant une part toujours plus grande du gâteau publicitaire. De fait, tout étant bon pour attirer l’attention, chacun y va de sa nouvelle formule avec plus ou moins de transformations, les plus récentes étant celle de La Tribune qui est carrément passée en fin d’année d’un journal 100% économie à un quotidien généraliste, du magazine l’Entreprise qui a débuté 2009 par un relookage, de la Scène qui rappelons-le est basée à Nantes et enfin de Ouest-France. Et oui, pas question de laisser la vedette à son concurrent, même si les deux quotidiens régionaux font partie de la même maison. OF vient en effet, non seulement de remodeler ses éditions de Loire-Atlantique pour se rapprocher de ses lecteurs du sud-Loire et renforcer son actualité de proximité…, mais aussi de réduire de 7 à 6 colonnes sa pagination diminuant d’autant son volume rédactionnel.
Si la capacité à s’adapter tant à l’attente de ses lecteurs qu’à la nouvelle donne économique est certainement le plus grand défi auquel la presse écrite va devoir satisfaire pour traverser cette année que l’on nous annonce comme apocalyptique, il ne faudrait pas que le fond soit sacrifié au détriment de la forme. A quand le prochain ?
Excellente année aux adhérents du club de la presse et tous mes vœux à nos confrères et consœurs.

19/01/2009 Posté par Claude A.Frison | Etats généraux de la presse, La presse écrite et le défi du neuf, éditos | | Pas encore de commentaires

Débat au CPNA : les médias sont-ils responsables de la sinistrose ?

Chefs d’entreprise, acteurs locaux et journalistes ont accepté de jouer le jeu mercredi 10 décembre en participant à un débat au thème provocateur : les médias sont-ils responsables de la sinistrose ?
A partir des témoignages des invités représentant la diversité des médias (radio nationale avec Emmanuel Duteil, rédacteur en chef adjoint de BFM radio, presse nationale avec Pierre-Olivier Rouaud, rédacteur en chef délégué de l’Usine nouvelle, presse régionale avec Antoine Thiberge directeur du JDE et locale avec Jean-Philippe Lucas de Presse Océan), une discussion à bâton rompu s’est instaurée entre journalistes et non journalistes. L’occasion de confronter les obligations et intérêts des uns avec les ressentis et attentes des autres. Si la place donnée aux infos négatives et le parti pris des médias ont été pointés du doigt, les journalistes présents ont tenu à rappeler que leur rôle était d’informer et que trop souvent des dirigeants d’entreprise leur fermaient leurs portes, coupant court à tout type d’échange. Cette première à Nantes a eu le mérite de rassembler autour de la même table deux univers qui se croisent sans jamais trouver le temps d’échanger. Les participants ont apprécié de pouvoir discuter face-à-face et confronter les points de vue. Seul regret, la faible participation, mais la qualité a primé sur la quantité. Morceaux choisis… (FP)

Jean-François Gendron, président de la CCI de Nantes : « Les chefs d’entreprise ont peur des médias, mais ils sont les premiers à trouver que les journalistes ne parlent pas suffisamment d’eux »… « plutôt qu’un « je t’aime moi non plus », je préfère « qui aime bien châtie bien ». Emmanuel Duteil, BFM : « Il était inévitable que les médias aillent trop loin étant donné la situation exceptionnelle et inédite de cette crise ». « La radio est un média qui assure aussi un rôle de veille économique ». Antoine Thiberge, JDE : « L’information va trop vite. La notion d’instantanéité contribue à faire caisse de résonnance »… « un média est une entreprise comme une autre ». Jean-Loup Bénéton, trésorier payeur général régional : « La confiance est la matière première fondamentale. Sans vouloir instrumentaliser les journalistes, nous souhaiterions que ce qui est traduit par les médias soit en accord avec la réalité. La presse a aussi une mission de service public ». Alexandre Gérard, Chrono Flex : « Les journalistes sont-ils des acteurs ou des observateurs ? ». Pierre-Olivier Rouaud., l’Usine nouvelle : « Les deux ».

19/12/2008 Posté par Claude A.Frison | Débat au CPNA, Etats généraux de la presse, éditos | | Pas encore de commentaires

Médias : responsables de la sinistrose ?

Mercredi 10 décembre à 19 heures : le CPNA organise un débat public au salon d’affaires de la CCI (16 quai Ernest Renaud, à Nantes) sur le thème “Crise : les médias sont-ils responsables de la sinistrose?”.

Depuis la rentrée de septembre, de nombreux dirigeants nous alertent sur la façon dont les médias relatent les événements liés à la débâcle financière, devenue aujourd’hui une crise économique d’envergure. La plupart nous reprochent d’amplifier la sinistrose et de s’arrêter à des faits qui ne relatent pas la situation réelle et quotidienne des PME. Certains chefs d’entreprise nous ont même confié devoir passer des heures avec leurs salariés pour les rassurer suite aux nouvelles catastrophiques que ces derniers avaient lues dans la presse ou entendues à la radio. Face à l’ampleur de cette crise sans précédant qui va probablement se prolonger encore de longs mois, il nous est apparu important d’organiser un débat entre des journalistes et des dirigeants d’entreprise afin de confronter le devoir d’information des premiers à la difficulté de se projeter dans l’avenir des seconds.

Aussi, deux journalistes parisiens, Emmanuel Duteil, rédacteur en chef adjoint de la radio BFM (photo1) et Pierre-Olivier Rouaud, rédacteur en chef déléguéde l’Usine Nouvelle (photo2) expliqueront les arbitrages auxquels ils sont confrontés pour relayer dans leurs médias respectifs les faits et les conséquences decette crise. Des journalistes nantais, dont Michel Cellier de Nantes 7, Pascal Couffin de Fragil, Antoine Thiberge du JDE, apporteront de leur côtéun éclairage régional.

Des dirigeants de PME seront invités tout au long de la soirée à faire part de leur ressenti et à réagir aux interventions des journalistes. Ce débat initié par le Club de la presse Nantes Altantique en partenariat avec la CCI de Nantes est une occasion unique de faire se rencontrer deuxunivers aux intérêts souvent divergents, mais qui peuvent difficilement sepasser l’un de l’autre.

Fabienne Proux
Présidente du club de la presse Nantes Atlantique

27/11/2008 Posté par Claude A.Frison | Débat au CPNA, Etats généraux de la presse | | 4 commentaires

Plenel claque la porte des Etats généraux de la presse

Mediapart a annoncé jeudi avoir décidé de ne plus participer aux états généraux de la presse, estimant qu’il s’agit “au mieux d’un jeu de dupes, au pire d’une menace pour l’ensemble de nos métiers…”

Le site d’Edwy Plenel avait été invité à participer à l’une des commissions des états généraux lancée début octobre par Nicolas Sarkozy. Une commission dédiée à la presse sur internet intitulée “Le choc d’Internet : quels modèles pour la presse écrite ?” pilotée par Bruno Patino, docteur en sciences politiques, ex-directeur du Monde Interactif, auteur d’un essai sur “Une presse sans Gutenberg“… voir l’article complet du CPNA sur la page liberté(s) et droit(s) de la presse. (mouture caf avec source AFP, Nouvel Obs, Mediapart…)

24/10/2008 Posté par Claude A.Frison | Etats généraux de la presse | | Un commentaire

Plenel claque la porte des Etats généraux de la presse

Le site d’informations Mediapart a annoncé jeudi avoir décidé de ne plus participer aux états généraux de la presse écrite, estimant qu’il s’agit “au mieux d’un jeu de dupes, au pire d’une menace pour l’ensemble de nos métiers…”. Notre rédaction s’en fait l’écho…

Le site d’Edwy Plenel avait été invité à participer à l’une des commissions des états généraux lancée début octobre par Nicolas Sarkozy. Une commission dédiée à la presse sur internet (ndr : intitulée “Le choc d’Internet : quels modèles pour la presse écrite ?”), pilotée par Bruno Patino (voir bio et photo), docteur es-sciences-po, ex-directeur du Monde Interactif (aujourd’hui disparu), auteur d’un essai sur “Une presse sans Gutenberg“…

Mediapart aura finalement participé aux états généraux de la presse durant 17 minutes : “Nous nous sommes rendus à la première réunion de cette commission jeudi pour constater qu’aucune des conditions minimales n’était remplie : pas de publicité des débats, sous-représentation des journalistes, absence des lecteurs et des blogueurs, et un flou procédural laissant libre cours aux influences et petits arrangements”…

Rappel des faits
: début octobre, Nicolas Sarkozy a chargé quatre groupes de travail composés d’éditeurs, de journalistes, d’experts et d’hommes politiques, de réfléchir à l’avenir de la presse. Chaque groupe devant présenter d’ici la fin de l’année quelques recommandations (ndr : cinq ou six… pas plus…).

Une histoire de saupoudrage : des “pôles” dotés de personnalités variées…

Que retenir du pôle, si ce n’est sa dénommination et sa composition : “Quel avenir pour les métiers du journalisme ?” avec Arnaud de Puyfontaine (photo), diplômé de l’ESCP, 44 ans, ancien Pdg de Mondadori France, qui regroupe les activités françaises du groupe italien connu pour avoir mené la cession d’Emap France à Mondadori, en 2006, contrôlé par la holding Fininvest de Silvio Berlusconi. Ex-président de l’Association pour la promotion de la presse magazine (APPM, de 2004 à 2007).

Dans cette auguste commission, le rejoignent Michel Muller (Filpac-CGT), Gérald de Roquemaurel (ex-Lagardère), Jean-Clément Texier (expert médias), Michel Sasportes (OC & C Strategy) et Francis Morel (Le Figaro)… un doux mélange… avec deux rapporteurs : Cécilia Berthaud de l’Inspection des Finances et Marine Camiade de la Cour des Comptes.

François Dufour, président du pôle «presse et société», s’est pour sa part entouré de quatre vice-présidents chargés chacun d’une question clé… le casting parle de lui-même : Patrick Eveno, historien de la presse (Paris I), qui pilote le thème «Pluralisme, développement et concentration : que faire ?» ; Jean-Marie Charon, sociologue de la presse et chercheur au CNRS, la question ; Pascal Guénée, directeur de l’Institut pratique du journalisme («Comment améliorer le contenu pour les lecteurs»ue du Journalisme”) le sujet sur la confiance des lecteurs, et Jeanne-Emmanuelle Hutin (ndr : Hutin, donc…), du quotidien régional «Ouest-France», celui sur les moyens d’attirer les lecteurs jeunes (15-15 ans). Chritophe Garat, de la Cour des Comptes, et Emmanuel Fessy, ex-conseiller technique auprès du ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon…
Pour info, les quatre groupes de travail constitués depuis le 2 octobre pour organiser les travaux des états généraux de la presse ont à leur tête des personnalités ayant toutes une (grande) expérience du monde de la presse. Des groupes sensés dialoguer via un comité de pilotage… (le plus) intéressant (est) donc de passer en revue la composition de ce comité… un vrai casting média :

La coordination est assurée par Bernard Spitz (photo, diplômé de l’ESSEC, de l’IEP Paris et de l’ENA, maître des requêtes au Conseil d’Etat). Bernard Spitz a été jusqu’en 2004 directeur de la stratégie de Vivendi Universal, avant de fonder “BSConseil”, société de conseil en stratégie et en communication. L’homme est par ailleurs ex-conseiller de Michel Rocard, ancien journaliste au Monde et a été membre de la DG de Canal+. Bernard Spitz est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur le secteur de la communication, accessoirement membre du collectif de réflexion de centre gauche des “Gracques” (association lancée par d’anciens conseillers économiques et sociaux de F. Mitterrand, et des ministres L. Fabius, P. Beregovoy, M. Rocard, L. Jospin, J. Delors, M. Sapin et DSK).

Groupe de travail “Imprimer, transporter, distribuer, financer : comment régénérer le processus industriel de la presse écrite ?” : Bruno Frappat (photo, La Croix, 63 ans, est depuis avril 2005 le président du directoire de Bayard Presse, groupe catholique de presse et édition multimédia, (détenu par les Assomptionnistes)…

Bruno Patino (photo, 43 ans, qui vient d’accéder à la direction de France Culture, est un spécialiste des relations entre la presse et internet. Ce docteur en sciences politiques, également diplômé de l’Essec (Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales), a notamment pris en charge le destin numérique du Monde, en dirigeant sa filiale Le Monde Interactif (ndr : paix à son âme…) a également présidé Télérama et la régie publicitaire du groupe Le Monde, dont il deviendra brièvement vice-président du directoire en 2007. Bruno Palatino dirige l’école de journalisme de Sciences-Po Paris et est l’auteur avec Jean-François Fogel d’un essai sur “Une presse sans Gutenberg“. En charge de l’atelier “Le choc d’Internet” : quels modèles pour la presse écrite ?

François Dufour, 46 ans, est le co-fondateur du groupe Play Bac et le rédacteur en chef des seuls quotidiens français destinés aux enfants. Diplômé de Science-Po, il est le représentant des quotidiens nationaux français à l’Association mondial des journaux (AMJ). Convaincu que la crise de la presse est une “crise du contenu“, il a avancé en janvier dix propositions pour sauver les quotidiens d’actualité. Parmi elles : rendre les journaux plus visuels, plus explicatifs, plus pratiques, s’interroger davantage sur ce qui intéresse les lecteurs, et en particulier les lectrices, offrir davantage de sport et de sujets nationaux… l’homme est en charge de l’atelier “Presse et société” : comment répondre aux attentes des lecteurs et des citoyens ?

Claude A.Frison (mouture sources AFP, Nouvel Obs, Médiapart, Ouest France…)

24/10/2008 Posté par Claude A.Frison | Accès à l'information, Etats généraux de la presse, Liberté de la presse, SNJ | | Pas encore de commentaires