La presse écrite et le défi du neuf
Force est de constater que, aussi fragilisée soit-elle, la presse écrite ne ménage pas sa peine pour survivre à l’assaut de l’Internet et autre presse gratuite absorbant une part toujours plus grande du gâteau publicitaire. De fait, tout étant bon pour attirer l’attention, chacun y va de sa nouvelle formule avec plus ou moins de transformations, les plus récentes étant celle de La Tribune qui est carrément passée en fin d’année d’un journal 100% économie à un quotidien généraliste, du magazine l’Entreprise qui a débuté 2009 par un relookage, de la Scène qui rappelons-le est basée à Nantes et enfin de Ouest-France. Et oui, pas question de laisser la vedette à son concurrent, même si les deux quotidiens régionaux font partie de la même maison. OF vient en effet, non seulement de remodeler ses éditions de Loire-Atlantique pour se rapprocher de ses lecteurs du sud-Loire et renforcer son actualité de proximité…, mais aussi de réduire de 7 à 6 colonnes sa pagination diminuant d’autant son volume rédactionnel.Si la capacité à s’adapter tant à l’attente de ses lecteurs qu’à la nouvelle donne économique est certainement le plus grand défi auquel la presse écrite va devoir satisfaire pour traverser cette année que l’on nous annonce comme apocalyptique, il ne faudrait pas que le fond soit sacrifié au détriment de la forme. A quand le prochain ?
Débat au CPNA : les médias sont-ils responsables de la sinistrose ?
A partir des témoignages des invités représentant la diversité des médias (radio nationale avec Emmanuel Duteil, rédacteur en chef adjoint de BFM radio, presse nationale avec Pierre-Olivier Rouaud, rédacteur en chef délégué de l’Usine nouvelle, presse régionale avec Antoine Thiberge directeur du JDE et locale avec Jean-Philippe Lucas de Presse Océan), une discussion à bâton rompu s’est instaurée entre journalistes et non journalistes. L’occasion de confronter les obligations et intérêts des uns avec les ressentis et attentes des autres. Si la place donnée aux infos négatives et le parti pris des médias ont été pointés du doigt, les journalistes présents ont tenu à rappeler que leur rôle était d’informer et que trop souvent des dirigeants d’entreprise leur fermaient leurs portes, coupant court à tout type d’échange. Cette première à Nantes a eu le mérite de rassembler autour de la même table deux univers qui se croisent sans jamais trouver le temps d’échanger. Les participants ont apprécié de pouvoir discuter face-à-face et confronter les points de vue. Seul regret, la faible participation, mais la qualité a primé sur la quantité. Morceaux choisis… (FP)
Jean-François Gendron, président de la CCI de Nantes : « Les chefs d’entreprise ont peur des médias, mais ils sont les premiers à trouver que les journalistes ne parlent pas suffisamment d’eux »… « plutôt qu’un « je t’aime moi non plus », je préfère « qui aime bien châtie bien ». Emmanuel Duteil, BFM : « Il était inévitable que les médias aillent trop loin étant donné la situation exceptionnelle et inédite de cette crise ». « La radio est un média qui assure aussi un rôle de veille économique ». Antoine Thiberge, JDE : « L’information va trop vite. La notion d’instantanéité contribue à faire caisse de résonnance »… « un média est une entreprise comme une autre ». Jean-Loup Bénéton, trésorier payeur général régional : « La confiance est la matière première fondamentale. Sans vouloir instrumentaliser les journalistes, nous souhaiterions que ce qui est traduit par les médias soit en accord avec la réalité. La presse a aussi une mission de service public ». Alexandre Gérard, Chrono Flex : « Les journalistes sont-ils des acteurs ou des observateurs ? ». Pierre-Olivier Rouaud., l’Usine nouvelle : « Les deux ». Médias : responsables de la sinistrose ?
Aussi, deux journalistes parisiens, Emmanuel Duteil, rédacteur en chef adjoint de la radio BFM (photo1) et Pierre-Olivier Rouaud, rédacteur en chef déléguéde l’Usine Nouvelle (photo2) expliqueront les arbitrages auxquels ils sont confrontés pour relayer dans leurs médias respectifs les faits et les conséquences decette crise. Des journalistes nantais, dont Michel Cellier de Nantes 7, Pascal Couffin de Fragil, Antoine Thiberge du JDE, apporteront de leur côtéun éclairage régional.
Plenel claque la porte des Etats généraux de la presse
Mediapart a annoncé jeudi avoir décidé de ne plus participer aux états généraux de la presse, estimant qu’il s’agit “au mieux d’un jeu de dupes, au pire d’une menace pour l’ensemble de nos métiers…”
Le site d’Edwy Plenel avait été invité à participer à l’une des commissions des états généraux lancée début octobre par Nicolas Sarkozy. Une commission dédiée à la presse sur internet intitulée “Le choc d’Internet : quels modèles pour la presse écrite ?” pilotée par Bruno Patino, docteur en sciences politiques, ex-directeur du Monde Interactif, auteur d’un essai sur “Une presse sans Gutenberg“… voir l’article complet du CPNA sur la page liberté(s) et droit(s) de la presse. (mouture caf avec source AFP, Nouvel Obs, Mediapart…)Plenel claque la porte des Etats généraux de la presse
Le site d’Edwy Plenel avait été invité à participer à l’une des commissions des états généraux lancée début octobre par Nicolas Sarkozy. Une commission dédiée à la presse sur internet (ndr : intitulée “Le choc d’Internet : quels modèles pour la presse écrite ?”), pilotée par Bruno Patino (voir bio et photo), docteur es-sciences-po, ex-directeur du Monde Interactif (aujourd’hui disparu), auteur d’un essai sur “Une presse sans Gutenberg“…
Mediapart aura finalement participé aux états généraux de la presse durant 17 minutes : “Nous nous sommes rendus à la première réunion de cette commission jeudi pour constater qu’aucune des conditions minimales n’était remplie : pas de publicité des débats, sous-représentation des journalistes, absence des lecteurs et des blogueurs, et un flou procédural laissant libre cours aux influences et petits arrangements”…
Rappel des faits : début octobre, Nicolas Sarkozy a chargé quatre groupes de travail composés d’éditeurs, de journalistes, d’experts et d’hommes politiques, de réfléchir à l’avenir de la presse. Chaque groupe devant présenter d’ici la fin de l’année quelques recommandations (ndr : cinq ou six… pas plus…).
Une histoire de saupoudrage : des “pôles” dotés de personnalités variées…
Que retenir du pôle, si ce n’est sa dénommination et sa composition : “Quel avenir pour les métiers du journalisme ?” avec Arnaud de Puyfontaine (photo), diplômé de l’ESCP, 44 ans, ancien Pdg de Mondadori France, qui regroupe les activités françaises du groupe italien connu pour avoir mené la cession d’Emap France à Mondadori, en 2006, contrôlé par la holding Fininvest de Silvio Berlusconi. Ex-président de l’Association pour la promotion de la presse magazine (APPM, de 2004 à 2007).
La coordination est assurée par Bernard Spitz (photo, diplômé de l’ESSEC, de l’IEP Paris et de l’ENA, maître des requêtes au Conseil d’Etat). Bernard Spitz a été jusqu’en 2004 directeur de la stratégie de Vivendi Universal, avant de fonder “BSConseil”, société de conseil en stratégie et en communication. L’homme est par ailleurs ex-conseiller de Michel Rocard, ancien journaliste au Monde et a été membre de la DG de Canal+. Bernard Spitz est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur le secteur de la communication, accessoirement membre du collectif de réflexion de centre gauche des “Gracques” (association lancée par d’anciens conseillers économiques et sociaux de F. Mitterrand, et des ministres L. Fabius, P. Beregovoy, M. Rocard, L. Jospin, J. Delors, M. Sapin et DSK).
Groupe de travail “Imprimer, transporter, distribuer, financer : comment régénérer le processus industriel de la presse écrite ?” : Bruno Frappat (photo, La Croix, 63 ans, est depuis avril 2005 le président du directoire de Bayard Presse, groupe catholique de presse et édition multimédia, (détenu par les Assomptionnistes)…
Bruno Patino (photo, 43 ans, qui vient d’accéder à la direction de France Culture, est un spécialiste des relations entre la presse et internet. Ce docteur en sciences politiques, également diplômé de l’Essec (Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales), a notamment pris en charge le destin numérique du Monde, en dirigeant sa filiale Le Monde Interactif (ndr : paix à son âme…) a également présidé Télérama et la régie publicitaire du groupe Le Monde, dont il deviendra brièvement vice-président du directoire en 2007. Bruno Palatino dirige l’école de journalisme de Sciences-Po Paris et est l’auteur avec Jean-François Fogel d’un essai sur “Une presse sans Gutenberg“. En charge de l’atelier “Le choc d’Internet” : quels modèles pour la presse écrite ?
François Dufour, 46 ans, est le co-fondateur du groupe Play Bac et le rédacteur en chef des seuls quotidiens français destinés aux enfants. Diplômé de Science-Po, il est le représentant des quotidiens nationaux français à l’Association mondial des journaux (AMJ). Convaincu que la crise de la presse est une “crise du contenu“, il a avancé en janvier dix propositions pour sauver les quotidiens d’actualité. Parmi elles : rendre les journaux plus visuels, plus explicatifs, plus pratiques, s’interroger davantage sur ce qui intéresse les lecteurs, et en particulier les lectrices, offrir davantage de sport et de sujets nationaux… l’homme est en charge de l’atelier “Presse et société” : comment répondre aux attentes des lecteurs et des citoyens ?


