Biométrie : les contraintes du tout sécuritaire
Selon le CDSE, il y aurait bel et bien une réticence à l’utilisation de ces systèmes. Pour les analystes, la réalité du marché biométrique serait très éloignée de l’image que l’on pourrait s’en faire et des fantasmes véhiculés par ce que certains auteurs appellent la « frénésie sécuritaire » (allusion à un ouvrage de Laurent Mucchielli, “La frénésie sécuritaire : retour à l’ordre et nouveau contrôle social”, Editions La Découverte, Paris 2008).
D’après l’étude, les techniques de sécurisation utilisant la biométrie sont encore loin de devenir l’élément clef des systèmes d’identification et de surveillance. En plus de constater que peu d’entreprises interrogées ont recours à ces systèmes (35% des entreprises interrogées utilisent un système biométrique à grande ou petite échelle), peu d’entre elles ont instauré ces techniques à l’ensemble de leurs infrastructures : 44% des entreprises ayant recours à la biométrie ont un système généralisé (soit moins de 15 % d’entre-elles). Pour l’instant les 66% d’entreprises qui utilisent la biométrie comme technique de sécurisation ne l’utilisent que dans des cas très spécifiques comme la protection d’infrastructures sensibles à forte valeur patrimoniale. Parmi les entreprises n’ayant pas recours à la biométrie, une grande majorité (59% des 50 sociétés) n’a même pas envisagé le recours à ces techniques et 24% l’ont un temps envisagé avant de décider de ne pas y avoir recours.
Des résultats qui peuvent étonner à une époque où les entreprises sont confrontées à toutes sortes de menaces (piratages, fraudes diverses, espionnage industriel…). Rien de surprenant toutefois que les entreprises basées dans l’Hexagone demeurent rétives à l’intrusion de ces moyens de contrôle des personnels si l’on en juge par les raisons invoquées par les entreprises pour justifier de la non utilisation de systèmes biométriques. Essentiellement des problèmes d’éthique et d’acceptation par le personnel (en France particulièrement) et surtout par la CNIL (commission nationale informatique et libertés) qui veille au grain; et hormis le coût, les contraintes liées à la mise en place “complexe et d’une efficacité pas toujours pertinente” précisent les analystes qui pointent aussi la rapide obsolescence de certains systèmesMalwares malveillants
Selon François Paget (photo), chercheur en sécurité chez Mc Afee, ces outils d’attaque seraient en vente sur le Net sous la forme de petites annonces sur des forums spécialisés. De quelques centaines d’euros aux plus performants à 3000 dollars, ainsi MPack et WebAttacker (inet-lux.com), IcePack, d’origine russe… Limbo, MPack (DreamCoders Team), Nuclear Grabber (Corpse), Pinch (Coban), Power Grabber (privat.inattack.ru), etc.Charte « confiance en ligne »
La charte Confiance en ligne traduit la volonté du gouvernement de faire de l’internet un environnement le plus sûr possible pour tous les citoyens. Elle s’appuie sur une démarche volontaire des prestataires à prendre part au projet de construire la “civilité et la sécurité de l’Internet”. Dans le prolongement de la charte contre les produits odieux signée le 14 juin 2004, et les travaux au sein du Forum des droits sur internet, les signataires (fournisseurs d’accès, et opérateurs mobiles, fournisseurs de services en ligne et éditeurs) se conforment aux présents engagements sans que ceux-ci n’influent sur le statut juridique de chacun des acteurs de l’lnternet, au regard, notamment, de la loi pour la confiance dans l’économie numérique. Ces engagements s’inscrivent dans un cadre législatif et réglementaire existant en définissant les conditions de bonne application de ces textes par les acteurs de l’internet et les autorités publiques, en tenant compte des évolutions technologiques récentes. Les engagements présentés se conforment également aux récentes recommandations du Conseil de l’Europe adoptées lors de la conférence annuelle OCTOPUS 2008 en avril 2008.
l’état de l’art. Les contenus entrant dans le cadre de l’article 227-24 du Code pénal ainsi que les liens hypertextes pointant vers de tels contenus ne sont diffusés que dans des zones « adultes n où l’accès des mineurs est fortement contrôlé par un dispositif efficace en fonction de l’état de l’art. Les espaces interactifs destinés aux adultes font l’objet d’un contrôle par un dispositif efficace en fonction de l’état de l’art.
CNIL : publication du rapport 2007
pc versus liberté individuelle
Le réseau, outil de travail collaboratif pour ses utilisateurs, se heurte à l’arsenal de lois sur la protection des personnes sur leur « lieu » de travail. Par exemple pour les télé-travailleurs, de plus en plus nombreux dans les grandes entreprises. Un vrai casse-tête pour les DRH et les DSI.
Vie de bureau et sécurité informatique Les deux ne font pas toujours bon ménage. Les services web utilisés pendant les heures travaillées posent des problèmes exponentiels aux entreprises vis à vis de leurs employés, aussi citoyens et consommateurs. Le Net est un média dont on peut difficilement restreindre l’usage tant il est devenu incontournable pour les individus dans leur environnement quotidien. Aussi bien dans leur façon de communiquer que de consommer de l’information de toute nature. Dans toute activité, industrielle ou tertiaire, une info périphérique au job peut s’avérer stratégique pour le salarié et ses collègues (prévisions de restructurations, blogs syndicaux).
Qu’en est-il des connexions personnelles depuis son poste de travail : effectuer ses opérations bancaires à distance et ne pas avoir à se déplacer; de même pour les achats courants, dégoter le dernier gadget high-tech au moindre prix, tout le monde connaît cela. Banalement pour des téléchargements de fichiers de musique et de films en VOD, communication avec des tiers à titre particulier. Parfois aussi jouer en ligne pour se détendre, à l’insu de sa hiérarchie. Mais aussi visites fortuites de sites licencieux, révisionnistes, terroristes. Il est quasi inévitable que des collaborateurs utilisent leur connexion de façon dite inappropriée par simple curiosité souvent. Difficile d’effacer toutes traces de ces visites. Des faits très courants en pratique, qui soulèvent de nombreux problèmes.
Du point de vue des dirigeants, outre que tout celà occupe de la bande passante à charge, certains téléchargements peuvent déboucher sur des litiges en matière de droits d’auteurs, voire engager l’entreprise au niveau pénal. Sur le plan du droit, en vertu du code pénal, l’entreprise et ses dirigeants en tant que représentants légaux, peuvent être poursuivis pour complicité ou recel (même si l’utilisation malveillante s’est faite à leur insu). Les sanctions encourues pouvant aller de l’amende lourde, jusqu’à des peines d’emprisonnement. D’où l’intérêt pour les entreprises de se prémunir contre les agissements de collaborateures étourdis. La précaution consiste à filtrer les sites jugés illicites en s’appuyant sur des applications spécialisées. Ce qui est jugé « illicite » devant (en principe) être discuté entre l’entreprise et le CE. Claude A.Frison
Techniquement les solutions existent pour contrôler les flux d’informations échangées par les salariés. Des serveurs d’interception de requêtes internes qui vérifient automatiquement la conformité des échanges avec la politique de sécurité maison. Dans le détail, le filtrage d’adresses (URL) se fait en utilisant des logiciels de sécurisation bien connus (de type websense, secure computing, surfcontrol) ; aussi des contrôles de transferts des flux analysés (tcp, http, https, socks, dns, ftp). De même pour les protocoles de messagerie instantanée (windows messenger, aol, yahoo).
